Fermeture de la résidence pour aînés de Murdochville

Par Jean-Philippe Thibault 2:00 PM - 30 septembre 2026
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La résidence d'Aventure Murdochville. Photo courtoisie

Les locataires de la résidence pour personnes âgées autonomes de Murdochville devront se trouver un autre toit.

Ceux-ci ont appris, ce mercredi 23 septembre, que leur habitation cesserait ses activités et fermerait ses portes dans à peine plus de six mois, le 31 mars 2027.

La résidence de 12 places est gérée par Aventure Murdochville, un organisme sans but lucratif. La gestion immobilière est assurée par le Groupe ressource en logements collectifs Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (GRLCGIM).

Les garanties financières étaient, quant à elles, soutenues par la Société d’habitation du Québec (SHQ), qui a cependant décidé de retirer ses billes.

Vraisemblablement, des questions de rentabilité sont au cœur de cette annonce. L’infrastructure a été construite en 2012 pour 3,4 millions de dollars. Ce 18 septembre, la SHQ a contracté un avis d’hypothèque légale auprès d’Aventure Murdochville, qui n’est plus en mesure d’assumer ses obligations financières. Le montant des créances s’élève à 2,3 millions de dollars.

« Les difficultés d’Aventure Murdochville sont connues depuis un certain temps. Ça fait des mois qu’on travaille à trouver des solutions à tout ça. C’est une résidence qui était en sous-occupation depuis quelques mois », note le directeur général du GRLCGIM, Ambroise Henry.

Quatre des douze unités de logement sont inoccupées actuellement. « Notre première priorité, ce sont les gens dans le bâtiment ; s’assurer qu’ils vont être relocalisés. Ce n’est pas une nouvelle évidente à annoncer aux gens », ajoute-t-il, visiblement ébranlé par cette annonce.

Le maire de Murdochville, Stéphane Gamache. Photo Nelson Sergerie

Coup dur

Le maire de Murdochville, Stéphane Gamache, a appris l’information à peu près au même moment que les résidents, mercredi. Il s’en dit fortement attristé.

« C’est une nouvelle malheureuse, surtout dans un petit milieu. Ça brusque tout le monde, les résidents évidemment et leurs enfants, mais par la bande, toute la communauté. » Le bâtiment accueille également la caserne des ambulanciers et un CPE de 13 places, géré par le CPE Le Voyage de mon enfance.

Le directeur, Gilles Chapados, est encore à évaluer les conséquences au lendemain de cette annonce. « On est à accuser le choc présentement », résume-t-il.

Lueur d’espoir, deux éducatrices en place ont démontré de l’intérêt à se lancer dans une garderie en milieu familial, ce qui pourrait résoudre le problème pour les huit enfants actuellement inscrits au CPE. Un projet de service de garde en communauté pourrait aussi voir le jour, mais rien n’est défini pour le moment.

« On était déjà en train de réfléchir à ces éventualités quand on a reçu cet avis de fermeture. Notre situation était déjà ultraprécaire. On a été fermés presque tout l’été parce qu’on manquait de personnel. Le CPE était déjà déficitaire par manque d’enfants. Tout ça fait qu’on est dans une drôle de position actuellement. Présentement, on veut s’assurer que les parents ne soient pas en défaut de service. »

Le directeur du CPE Le Voyage de mon enfance, Gilles Chapados. Photo Jean-Philippe Thibault

Démarches à venir

Dans tous les cas, une relocation dans un délai de six mois demeure une échéance brève, surtout pour des personnes âgées.

« Souvent, les résidents ont de la famille ou des amis ici. S’ils vont ailleurs, ils s’éloignent. Sur le plan humain, ça demeure un peu une catastrophe, poursuit le maire Gamache. Je connais le fils d’un des résidents et ils ont déjà commencé à faire des démarches ailleurs, mais les places, ça ne pleut pas, à Gaspé ou ailleurs. Ils ne peuvent pas attendre trois mois pour se trouver un plan B. Ça affecte tout le monde. »

Même si le futur d’une résidence pour personnes âgées n’est pas directement la prérogative d’un conseil municipal, tous mettent la main à la pâte actuellement pour tenter de trouver une voie de passage vers une conclusion heureuse.

« On est à analyser les solutions potentielles et il n’y a rien de concret en ce moment, mais on y travaille, poursuit le premier magistrat. On a communiqué avec différents intervenants et on va continuer dans les prochains jours pour essayer de poursuivre les opérations. Fondamentalement, ce n’est pas une responsabilité municipale, mais on travaille pour notre communauté. Avant d’avoir des solutions, il faut bien comprendre le problème. »

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