De nouvelles découvertes sur l’Empress of Ireland

Par Johanne Fournier 10:27 AM - 29 septembre 2026
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L'Empress of Ireland n'a pas fini de révéler ses secrets. Photo courtoisie

Né à Sainte-Anne-des-Monts, l’historien David Saint-Pierre revient dans sa ville natale le vendredi 2 octobre pour présenter ses plus récentes découvertes sur le naufrage de l’Empress of Ireland.

David Saint-Pierre a été chargé de cours en histoire maritime à l’Université du Québec à Rimouski. Il s’intéresse à l’Empress depuis son enfance. Mais, c’est à l’été 1996, comme guide au musée de Pointe-au-Père, qu’il remarque que les documents de formation, les livres et les panneaux du musée ne racontent pas la même histoire. « Comme aspirant historien, je trouvais ça intéressant d’essayer de corriger les trucs qui étaient faux et de trouver les bonnes informations, raconte-t-il. J’ai commencé la recherche comme ça et je n’ai jamais arrêté. »

Il a écrit trois livres sur le sujet, dont Dans le sillage de l’Empress of Ireland en 2023 et paru en anglais en août 2025. Aujourd’hui, le naufrage n’est pas oublié, mais il reste méconnu, selon lui. Intitulée Nouvelles avenues de recherche, sa conférence présentera en primeur trois ou quatre pistes qu’il explore en ce moment.

Lors de sa conférence, David Saint-Pierre dévoilera de nouveaux éléments de la tragédie qui s’est jouée au large de Sainte-Luce le 29 mai 1914. Photo courtoisie

14 minutes dans le brouillard

Dans la nuit du 29 mai 1914, l’Empress of Ireland, qui était parti de Québec, poursuit sa route vers Liverpool avec 1477 personnes à son bord. Dans le brouillard, le charbonnier norvégien Storstad le heurte. Le paquebot coule en 14 minutes. Le naufrage fait 1012 victimes, surtout des passagers.

Les soutes à charbon étaient placées le long de la coque. L’eau n’entre que du côté tribord et le navire penche presque aussitôt. De plus, les portes étanches devaient être fermées à la main. « À partir du moment où la collision a eu lieu et que l’eau est rentrée, ça devenait pratiquement impossible de fermer les portes étanches », explique l’historien.

La commission d’enquête a jugé que le premier officier du Storstad, Alfred Torquenez, était responsable de la collision. « Dans un accident, ça prend deux navires et les versions sont tellement contradictoires qu’on ne saura jamais vraiment la vérité », nuance cependant M. Saint-Pierre. Il rappelle aussi qu’au moins 350 des 465 survivants se sont retrouvés à bord du Storstad, secourus par les membres d’équipage.

Album sauvé de l’encan

Il y a cinq ou six ans, le chercheur a repéré, sur un site d’encan en ligne, des photos de scaphandriers. Au verso, il y avait des restes de papier noir, signe qu’elles provenaient d’un album. La vendeuse était en train de le démonter pour vendre les photos une à une. « Je lui ai dit d’arrêter de faire ça et j’ai acquis l’album au complet », raconte-t-il.

Près de 60 de ces photos montrent les opérations de plongée de l’été 1914. On y apprend notamment que les plongeurs ont percé la coque avec une perceuse pneumatique sous-marine et non à la dynamite.

Ses recherches ont aussi mis fin à une croyance bien ancrée : les survivants ne sont restés à Rimouski que sept à huit heures et non pendant des semaines.

Personnage méconnu

Le public de Sainte-Anne-des-Monts aura droit à une primeur sur William Webber, dont le rôle, cette nuit-là, est resté dans l’ombre pendant des décennies. « Sans lui, les opérations de sauvetage ne se seraient pas passées de la même façon, souligne le spécialiste de l’histoire de cette tragédie. Mais, je n’en dis pas plus ! »

En Haute-Gaspésie, on connaissait bien ces paquebots, dont l’Empress of Ireland, qu’on voyait passer au large depuis des années. « À l’époque, c’était vraiment des vedettes du Saint-Laurent », mentionne David Saint-Pierre.

Organisée par la Société d’histoire de la Haute-Gaspésie à la Librairie L’Encre noire, la conférence commencera à 17 h 15 et sera suivie d’un échange avec le public. « J’apporterai avec moi quelques artefacts de l’Empress of Ireland pour montrer au public », promet David Saint-Pierre.

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