Pas de surveillance accrue durant la chasse
L'an dernier, l'opération Point de mire en Gaspésie avait mobilisé 70 agents de la faune. Photo archives
Les braconniers auront le champ libre durant la période de la chasse à l’orignal cet automne. Le Syndicat des agents de protection de la faune du Québec (SAPFQ) indique qu’aucune opération d’envergure de surveillance n’est en préparation en Gaspésie.
Au cours des dernières années, des effectifs provenant de Chaudière-Appalaches, du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et d’ailleurs dans la province convergeaient dans la région pour assurer une surveillance de la forêt. Ils étaient 70 l’an dernier, ce qui avait résulté au dépôt de plus de 90 chefs d’accusation.
« De grosses opérations d’envergure provinciale, pour l’instant, on n’a pas entendu qu’il y en aurait en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent. Il y aura du travail fait au niveau local comme de la patrouille », résume le président du syndicat, Martin Perreault.
Sauf qu’ils ne sont plus que deux agents de la faune au bureau de Chandler et quatre à Gaspé pour un territoire couvrant des milliers de kilomètres carrés. La zone de chasse 1 est fréquentée par plus de 25 000 chasseurs d’orignaux provenant des quatre coins du Québec, soit près de 15 % des chasseurs d’orignaux du Québec.
« Au bon endroit, au bon moment, ce n’est pas vrai. On va arrêter de dire ça durant la chasse en Gaspésie. Il n’y a pas d’opération. Il y a des endroits où des journées où il n’y aura pas d’agent », confirme le président syndical.
Interpellé à ce propos, le ministère de la Faune répond que les opérations découlent d’une planification opérationnelle qui tient compte des signalements reçus, des informations récoltées par les agents et de la priorisation des enjeux fauniques. Par souci d’efficacité, aucun détail supplémentaire ne peut être dévoilé, soutient-il.
Par contre, la Sûreté du Québec assure qu’elle sera davantage présente sur le territoire durant la période de chasse. Si des chasseurs craignent que le manque d’agents de la faune puisse engendrer de l’intimidation et des menaces dans la forêt, la SQ précise que ses mandats s’inscriront dans son rôle habituel, notamment en matière de sécurité routière, de conduite avec les capacités affaiblies, d’infractions au Code criminel, de conflits, d’altercations ainsi que pour toute autre situation relevant de sa compétence.

Quel avenir pour le bureau Chandler?
Le futur du bureau de la faune de Chandler revient dans l’actualité alors que le bail actuel viendra à échéance le 5 juillet. Des craintes ont été soulevées une fois de plus alors que les agents seront transférés au sein du ministère de la Sécurité intérieure en avril.
Le port d’attache de Chandler reste stratégique. Il arrivait au premier rang de tout le district avec 464 signalements d’actes illégaux entre le 1er janvier 2023 et le 7 avril 2026, devant notamment Rimouski (398 signalements) et ses neuf agents de la faune.
« Les effectifs devraient rester et ça a été confirmé par Catherine Blouin lors d’un débat [ndlr : celui organisé par la radio CHNC le 17 septembre]. C’est sûr qu’il y a une élection à venir. Mais il faut que le processus continue », note Martin Perreault.
Le regroupement des agents de la paix est réclamé depuis 30 ans. En ce qui est d’un maintien d’effectifs à Chandler, le président se croise les doigts. Rappelons qu’en 1989, le bureau de Pabos comptait 28 agents de protection de la faune, contre deux aujourd’hui à Chandler. « Avec le transfert à la Sécurité intérieure, je reste assez confiant. Mais il faut des engagements après le 5 octobre », conclut-il.
Les agents de la faune seraient regroupés avec les agents de Contrôle routier Québec, selon le scénario envisagé pour Chandler.
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