Le CLSC de Percé sans médecin; équilibre fragile en Gaspésie
Le CLSC de Percé Photo Google Street View
Le départ non prévu du seul médecin présent au CLSC de Percé, Louis-Olivier Ouellet, en raison d’un arrêt de travail, est l’arbre qui cache la forêt en matière de ressources humaines au sein de Santé Québec Gaspésie.
Souvent, dans l’actualité, les découvertures ou les ruptures de services dans les hôpitaux sont expliquées par un manque d’infirmières, mais cette réalité touche aussi le corps médical, comme le démontre la situation vécue à Percé.
« On ne peut pas remplacer un médecin comme ça. Il y a un manque criant dans la région, concède le président-directeur général de Santé Québec Gaspésie, Martin Pelletier. Pas parce qu’on n’essaie pas de recruter, mais il y a peu de médecins de famille qui veulent venir pratiquer en Gaspésie. »
Pour Percé spécifiquement, des mesures sont prises pour combler le manque de façon temporaire, notamment en tentant de dénicher une infirmière praticienne spécialisée (IPS) une journée par semaine. Comme aucune n’est disponible à Percé, Santé Québec Gaspésie cherche à trouver une ressource à Gaspé. À noter que l’IPS du Rocher-Percé travaille au Groupe de médecine familial (GMF) de Chandler. Le CLSC de Percé n’est pas dans le réseau satellite de ce GMF.
Santé Québec Gaspésie a également lancé un appel d’intérêt auprès des médecins de famille du Rocher-Percé afin d’organiser une présence temporaire en alternance au CLSC de Percé. Entre-temps, le CLSC de Barachois offre des plages de consultation sans rendez-vous avec une IPS, accessibles à la population de Percé.
La Gaspésie n’attire pas
Malgré des campagnes de promotion pour vanter les mérites de la région, force est de constater que les résultats ne sont pas ceux escomptés. « On n’arrive pas depuis trois, quatre ou cinq ans à combler nos effectifs médicaux, résume le PDG de Santé Québec Gaspésie. On est dans les limites des équipes de travail. On a souvent un seul médecin dans un site. Cette année, on peut embaucher jusqu’à 11 médecins si on a des gens intéressés. »
Dans Rocher-Percé, deux recrues montrent de l’intérêt, mais n’ont pas encore signé d’entente. « On a même de la difficulté à combler nos places en résidences dans les GMFU [ndlr : les groupes de médecine de famille universitaire]. Ça n’annonce pas bien, car nos étudiants sont encore moins nombreux pour parfaire leur pratique en région et, à ce moment, on manque des occasions de les attirer », poursuit Martin Pelletier.
Une autre problématique est à venir au CLSC de Saint-Maxime-du-Mont-Louis, alors qu’un médecin a annoncé son départ à la retraite dans moins de deux mois, en novembre. « On n’a pas de solution pour le remplacer. Je ne peux pas promettre qu’on aura un médecin pour remplacer un médecin », laisse tomber le PDG.
Ailleurs dans le réseau, la situation reste fragile au sein du personnel, au gré des départs et des congés de maladie. Une lumière jaune est allumée, particulièrement à Gaspé. « On a deux épisodes de soins intensifs qui nous font mal. Deux départs d’infirmières et du côté de l’obstétrique aussi. C’est quatre qui ont quitté cet été. Pour le moment, on comble les besoins avec de la main-d’œuvre indépendante », conclut Martin Pelletier.
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