McInnis investit 80 M$ pour son empreinte carbone
L'usine de Port-Daniel-Gascons possède une capacité de production annuelle d'environ 2,2 millions de tonnes. Photo Olivier Therriault
Connu pour être le pire pollueur au Québec, Ciment St. Marys veut réduire de façon marquée son empreinte carbone dans l’environnement en remplaçant graduellement l’utilisation du coke de pétrole par des combustibles à faible teneur en carbone à compter de 2030.
Pour y arriver, l’usine McInnis investira 80 millions de dollars pour construire un complexe sur le site afin d’alimenter le four par des combustibles de remplacement.
Un broyeur, un séchoir ainsi que des installations d’entreposage fermées seront construits. Le bâtiment sera érigé sur le stationnement des entrepreneurs, de l’autre côté de la cimenterie. L’objectif : atteindre une substitution thermique estimée à 20 % d’ici 2030 et, à plus long terme, jusqu’à 70 %.
« On veut diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. On va former une coentreprise avec les Mi’gmaq pour amener de la biomasse et d’autres matières pour remplacer le coke de pétrole dans la combustion au niveau du four », explique le directeur des opérations de l’usine McInnis, Philippe Marceau.
Les produits utilisés pour remplacer le coke de pétrole seront les résidus forestiers, les plastiques non recyclables, des résidus de papiers et des résidus de construction, incluant le bardeau d’asphalte. Le caoutchouc pourra aussi être brûlé, mais la cimenterie assure qu’aucun pneu ne passera par ses fours, ni des déchets.
Présentement, les émissions de GES sont de 520 000 tonnes par année via le four, alors que le complexe a des émissions totales de quelque 1,3 million de tonnes. Avec 20 % de carburants de remplacement, les émissions seraient de 418 000 tonnes. Le matériel partira de ce nouveau complexe et un convoyeur amènera le matériel dans la tour de préchauffage.
« On veut être en opération d’ici la fin de 2029. La première étape est d’avoir les autorisations gouvernementales. On vise un début de construction à la fin de 2027 ou 2028 pour le démarrage en 2029 », précise le directeur des opérations.
À terme, les émissions de GES diminueraient à 229 000 tonnes. « Ça sera en fonction des quantités disponibles pour augmenter au fur et à mesure pour atteindre notre 70 % à long terme. Mais je n’ai pas d’échéancier. »

Partenariat
Le projet est mené en collaboration avec la Mi’gmawei Mawiomi Business Corporation, la société de développement économique des communautés mi’gmaq de Gespeg, Gesgapegiag et Listuguj.
Cette coentreprise, dont les modalités restent à être établies, sera chargée de trouver le matériel et l’acheminer à la cimenterie pour alimenter les opérations en carburant, dans l’objectif de créer une économie circulaire avec la biomasse forestière, notamment. Pour le moment, il n’y aurait pas d’avantages économiques à remplacer le coke de pétrole par de la biomasse.
« C’est border line. C’est à la limite. On espère que ce sera moins cher, mais le but est de diminuer nos gaz à effet de serre de façon la plus économique possible », calcule Philippe Marceau.
Pour pouvoir réaliser son projet, Ciment St. Marys doit faire modifier par Québec son permis d’exploitation et la première étape est une consultation publique effectuée le 18 septembre avec les citoyens. Sans être en retard, la cimenterie s’alignera avec ce qui se fait ailleurs dans le monde.
L’utilisation de carburant de remplacement en Europe atteignait une moyenne de 57 % en Europe en 2023, avec des pointes de 85 % en Autriche et 76 % en Allemagne. Aux États-Unis, cette moyenne était de 16 % et 13 % au Canada. Au Québec, les remplacements sont utilisés depuis les 25 dernières années. McInnis rejoindra donc une tendance établie à travers le monde.
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