La population de Murdochville s’exprime
Quelque 200 personnes ont assisté à la soirée, ce 16 septembre. Photo Nelson Sergerie
Près de 200 personnes se sont réunies le 16 septembre au centre communautaire de Murdochville pour entendre les différentes démarches entreprises par la Ville alors que la minière Osisko évoque de plus en plus clairement le besoin de déménager les citoyens pour exploiter le gisement de cuivre sous les maisons.
« L’objectif principal était de prendre un rôle phare, plus actif. On a eu une participation citoyenne incroyable. C’était un début : entendre les gens, leurs commentaires… L’idée est de rester unis, solidaires. Ça ne veut pas dire d’être d’accord à tous moments, mais trouver des compromis et des solutions communes pour avancer », indique le maire, Stéphane Gamache.
En amont, le maire a résumé ce qui a été fait lors de la mission en Abitibi-Témiscamingue afin de voir ce qui s’est passé à Malartic, qui a vécu une situation qui s’apparente à ce qui pourrait se passer à Murdochville. L’élu promet un rapport détaillé des différents échanges très prochainement pour éclairer ses citoyens.
« C’est définir ce qu’on a de disponible. Il y a un scénario qui s’est ajouté dans l’air. Ça complique la réflexion en urbanisme. Ça complique les coûts pour nous », résume l’élu, qui laisse sous-entendre qu’il aimerait davantage de soutien de l’État.
Déjà, l’été dernier, Stéphane Gamache évoquait le peu de moyens et d’expertise afin de bien se préparer pour la suite des choses. « On va essayer d’avoir de l’aide de la minière. Ce n’est pas l’idéal. »
Des préoccupations
Les principales préoccupations citoyennes évoquées sont notamment la valeur de leur propriété, le fait d’apprendre les développements du projet via les médias, leur qualité de vie et le plein air. « Il y a 15 ou 20 % de la ville que ce sont des gens qui sont venus ici pour le plein air », note Richard Jinchereau.
Les sommes pour racheter les propriétés sont aussi un enjeu important. « Je suis venu ici par choix. Est-ce qu’on veut un trou en plein milieu de la Gaspésie ? La juste valeur marchande après avoir annoncé un déménagement de la ville… Parlez-moi pas de valeur marchande. La maison que j’ai coûterait 450 000 $ ailleurs. Je doute que la juste valeur marchande va venir près », dit-il.
« Ça va virer en rond. Ça va fermer… Ça ne fermera pas. Ça va continuer de placoter pendant six ans. C’est bon d’avoir des renseignements, mais je trouve qu’il n’y a pas grand renseignements qui sont sortis », note pour sa part Yvan Fournier, qui estime que certaines personnes souhaitent partir alors que d’autres veulent rester à Murdochville.
Raphaëlle Molaison, qui est impliquée auprès de la Maison des jeunes de Murdochville, juge avoir obtenu quelques réponses à ses questions.
« Dans mon cœur, j’aimerais pouvoir garder ma petite maison que je paie à la sueur de mon front, mais j’ai confiance en ce que ça va donner. J’ai confiance en la Ville, j’ai confiance encore en Osisko, à eux de me prouver le contraire », évoque-t-elle.
Le récréotourisme inquiet
Guillaume Molaison et ses partenaires ont âti toute une industrie autour des activités de plein air à Murdochville depuis 20 ans avec le Chic-Chac.
« C’est un très bel élan de solidarité et des préoccupations partagées. On se sent un peu moins seul d’aimer où on vit et on sent qu’on n’est pas les seuls à vouloir protéger la qualité de vie », affirme le promoteur qui dit souhaiter un projet car la Gaspésie et Murdochville en ont besoin.
« C’est de s’assurer de prendre les bonnes décisions pour saisir les opportunités de ce projet et d’avoir le maximum d’impact à l’échelle régionale. C’est là qu’on souligne l’importance du tourisme au travers de ce projet. Probablement qu’il n’y aura jamais une opportunité aussi grande pour le tourisme d’aventure de se positionner au cœur de la Gaspésie et d’impacter des dynamiques structurelles quatre saisons », soutient celui qui a fait une sortie publique dans les heures précédant la rencontre pour se faire le porte-voix des acteurs de l’industrie du récréotourisme en Gaspésie.
Ce secteur d’activité est important en hiver non seulement pour Murdochville, mais pour toute la région, précise-t-il. « Il serait difficile de regénérer une synergie aussi forte », croit-il alors que ses différents projets ont amené une relance économique de la ville minière.
« Les gens se sentent brusqués au cours des derniers mois, ajoute de son côté le maire Gamache. Un déménagement avec plein d’incertitudes. Un manque d’informations pour se positionner. Ils ont des préoccupations sur la qualité de vie : est-ce qu’ils vont garder le plein air proche ? Le service de santé ? Leur école primaire et secondaire ? Il faut mieux définir les choses. Aujourd’hui, le but n’était pas de se positionner. »
La minière a encore plusieurs étapes à franchir avant d’en arriver à une éventuelle exploitation. Le délai minimum est évalué à six ans.

Des candidats attentifs
« C’est une étape importante pour la consultation citoyenne sur le projet de mine. C’est important d’entendre ce qu’ils disent. Une chose est claire : l’acceptabilité sociale est non négociable pour un projet d’envergure de cette ampleur », note le député sortant Stéphane Sainte-Croix, présent à Murdochville pour la consultation.
Michel Marin, candidat libéral, était également sur place, lui qui possède un terrain à Murdochville. « On est en train de faire un projet industriel et une communauté existante. Cette communauté a déjà vécu la fermeture d’une mine qui a amené divers problèmes sociaux. Les gens ont fait leur vie ici. Je ne voudrais pas être dans leur peau. »
« C’est la responsabilité d’un gouvernement d’assister les citoyens pour qu’ils soient respectés dans leur droit et la valeur de leur propriété afin qu’ils ne soient pas juste face à une entreprise », ajoute-t-il.
Les candidates du Parti québécois, Méganne Perry Mélançon, et de Québec solidaire, Emmanuelle Babin, n’étaient pas présentes à cette soirée municipale.
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