Exploramer veut implanter une cellule d’intervention
Un pavillon des requins est actuellement en construction chez Exploramer. Photo iStock
Le musée marin Exploramer de Sainte-Anne-des-Monts a l’intention d’être l’organisme de référence des requins dans le Saint-Laurent, en collaboration avec Merinov et Pêches et Océans Canada.
Bien que cette volonté ne remonte pas à hier, les événements récents où un plongeur a été attaqué par un requin blanc dans le secteur de Percé ajoutent à la pertinence de la proposition.
La directrice d’Exploramer, Sandra Gauthier, explique que le sujet a été abordé il y a déjà plusieurs mois entre Stéphanie Pieddesaux de Merinov et elle-même sur l’importance d’avoir une cellule d’intervention sur les requins.
« On savait qu’un jour ou l’autre, un accident surviendrait. Merinov est un centre de recherche appliquée qui travaille avec les pêcheurs alors qu’Exploramer est un lieu d’éducation et d’interprétation de la science. La cellule ferait de la recherche, de la cueillette de données, de la sensibilisation auprès de la population et de la formation pour les pêcheurs et plongeurs », explique-t-elle.
Sandra Gauthier affirme d’ailleurs que le musée se tient au diapason de toute nouvelle information sur les requins qui émane d’un peu partout sur la planète. Au moment de l’entrevue, la directrice du musée était d’ailleurs en mission d’observation des requins dans les Caraïbes.
La cellule proposée sera d’autant plus pertinente qu’aucun organisme gouvernemental ne semble en avoir la responsabilité actuellement. Sandra Gauthier indique avoir communiqué avec plusieurs ministères, comme l’Environnement, l’Éducation et le Tourisme ainsi que Pêches et Océans Canada, en plus de plusieurs MRC. La réponse est toujours la même : les requins ne relèvent pas de leur organisation.

Événement rarissime
La directrice rappelle que les attaques de requins sont extrêmement rares et le resteront. « Ce qu’on aimerait savoir, ce sont les raisons de leurs attaques et à quel moment. Est-ce que le public sait réellement comment agir en présence d’un requin ? Maintenant, on sait qu’il y a toujours eu des requins blancs le Saint-Laurent. Mais, est-ce qu’il y en a vraiment plus qu’avant ou c’est simplement parce qu’il y a plus de gens qui les prennent en vidéo ? Bref, le dénombrement ferait partie de la mission de la cellule. »
Vers du tourisme responsable ?
Au-delà de l’éducation et la sensibilisation, Sandra Gauthier amène le volet touristique qui pourrait être développé autour du requin, un peu à l’image d’autres pays comme l’Afrique du Sud ou l’Australie. « Au lieu d’éviter les lieux où il y a des requins, pourquoi on n’ajusterait pas nos façons d’agir pour que ça devienne une expérience incroyable d’observation encadrée ? Donc, au lieu de gérer le risque, on gérerait un développement touristique conscient et sécuritaire. »
La prochaine étape dans la concrétisation d’une cellule d’intervention sera d’abord de convaincre la Table des préfets de la Gaspésie, qui pourra, à son tour, faire ses représentations auprès des instances gouvernementales concernées.
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