Alors que le Parti québécois propose des mesures pour réduire la facture du plein d’essence en campagne électorale, la candidate dans Gaspé ne veut pas prendre d’engagements clairs pour les électeurs alors que la circonscription vit depuis des années dans le top trois du palmarès des endroits où il en coûte le plus cher pour faire le plein au Québec.
Le PQ a proposé le 11 septembre de couper de moitié la TVQ sur l’essence durant au moins un an et mettre fin à la double taxation. Cela permettra une économie annuelle de 220 $ dans les poches des citoyens.
Par ailleurs, le parti veut aussi aider près de 50 % de la population de classe moyenne et les moins nantis : tous les Québécois dont le revenu individuel est inférieur à 40 000 $ toucheraient un remboursement pour le prix de l’essence de 125 $ en raison de la crise mondiale du pétrole.
« C’est parmi les préoccupations des gens que je rencontre », note d’emblée Méganne Perry Mélançon.
Des rapports de la Régie de l’énergie montrent depuis une décennie que l’essence se vend plus cher dans la circonscription de Gaspé. La marge bénéficiaire des détaillants est le facteur le plus probant des prix plus élevés.
Au début de l’été, la marge était du simple au double, en étant en moyenne de 25 ¢ le litre alors que la marge moyenne de la dernière année était de 12 ¢, selon la Régie.
Après que le député sortant, le caquiste Stéphane Sainte-Croix, ait évoqué l’idée d’un prix plafond pour contrer ce constat à la mi-août, les pétrolières sont devenues subitement plus raisonnables en affichant un prix dans la moyenne.
Alors que le PQ propose notamment de décentraliser les décisions de l’État, est-ce que le parti envisage un plan asymétrique sur cette question pour la Gaspésie ?
« Tout à fait. C’est envisageable. C’est dans la philosophie. On le voit dans tous les secteurs, qu’on accorde une attention particulière à notre région. Ça fait partie d’un paquet de mesures à connecter avec les réalités de la région », évoque la péquiste.
Appelée à préciser un engagement ferme sur le prix de l’essence, la candidate reste plutôt évasive. « Il faudra que je regarde le dossier. La CAQ a été au pouvoir ces huit dernières années. Il faudra regarder ce qui a été fait. Ce n’est pas parmi les engagements pris durant cette campagne. Je ne m’avancerai pas plus sur la question d’un prix plafond. On est plus dans une question de réviser les taxes. Je ne peux pas m’avancer plus que ça pour l’instant dans d’autres solutions. »
La candidate péquiste note que le parti veut s’assurer qu’il n’y ait pas d’iniquité entre les régions.
Un prix « correct »
Malgré un prix affiché le 14 septembre à 1,96 $ le litre d’essence ordinaire dans la Baie-des-Chaleurs et une partie de Rocher-Percé, et 1,99 $ dans les régions de Gaspé et de Sainte-Anne-des-Monts, la marge bénéficiaire des détaillants d’essence en Gaspésie restait en ligne avec les données de la Régie de l’énergie.
Les détaillants empochaient en moyenne 1 ¢ le litre de moins que la moyenne calculée par la Régie. Pour une rare fois, la région affichait un prix comparable à celui des autres régions du Québec.
Cependant, les automobilistes des régions de Matane et Amqui payaient leur essence 1,91 $. La marge bénéficiaire dans ce secteur n’était que de 5 ¢, contre une moyenne de 11,2 ¢ dans la dernière année.
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