La Société d’histoire de la Haute-Gaspésie a lancé, le mercredi 9 septembre à la Librairie L’Encre noire de Sainte-Anne-des-Monts, la réédition de St. Anne of the Mountains, l’ouvrage d’Effie Molt Bignell consacré à la région au tournant du XXe siècle.
Deux artisans de la scène littéraire gaspésienne, Jean-Claude Clavet et David Lonergan, ont animé une causerie pour souligner la parution du livre Sainte-Anne-des-Monts : l’été 1904 dans un village de pèlerinage, publié par Les Éditions GID.
Paru pour la première fois à Boston et à Toronto en 1912, le récit plonge le lecteur dans le nord de la Gaspésie de 1904. Son autrice, une Américaine de passage venue voir son fils installé à Sainte-Anne-des-Monts, y livre un témoignage unique sur les paysages, les gens et la vie quotidienne de l’époque.
Née en 1853 à Burlington, au Vermont, Effie Molt Bignell avait reçu une éducation en français et s’intéressait passionnément à l’ornithologie, au point d’être membre de la National Audubon Society.

Rencontre fortuite avec l’autrice
Jean-Claude Clavet raconte comment il a découvert l’œuvre par hasard, en 2005, grâce à l’abbé Roland Provost à Sainte-Anne-des-Monts. « Je passais avec mon auto devant le Lycée des Monts et je me demandais bien ce qu’il y avait là, se souvient-il. L’abbé Provost m’a dit que je devrais lire Effie Bignell. » Amoureux de l’histoire régionale, le livre l’a immédiatement séduit.
Ce qui frappe M. Clavet dans son récit est l’absence totale de condescendance envers les pêcheurs et travailleurs forestiers qu’elle côtoie. « Il y a un respect très grand, même pour les activités les plus banales, comme les activités quotidiennes, explique-t-il. Elle a une intention plus que littéraire, d’après moi. Elle a une intention ethnographique. »
David Lonergan souligne que la maîtrise du français par l’autrice a favorisé cette proximité avec la population. « Elle est très à l’aise avec le monde parce qu’elle peut lui parler dans sa langue », note-t-il, rappelant qu’elle était aussi photographe, ce qui était rare dans un village où « il n’y a aucun Kodak ».
Redonner vie au texte
La réédition, pilotée par M. Lonergan pendant la dernière année, a exigé la retranscription du manuscrit, la révision de la traduction de 1983 réalisée par Roland Provost et qui s’intitulait La vie quotidienne en Gaspésie au début du siècle ainsi qu’un nouveau travail iconographique. « Le travail le plus important a été sur les notes », précise-t-il, expliquant avoir retiré plusieurs ajouts de l’abbé Provost qui s’éloignaient du texte original pour « revenir à l’essence même du livre ».
Pour Jean-Claude Clavet, ce témoignage demeure d’une actualité frappante. « C’est un témoignage, pour qui aime son pays, absolument savoureux et suave », résume-t-il, saluant une œuvre qui célèbre l’ingéniosité et l’entraide d’une communauté gaspésienne du début du siècle dernier.
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