La relocalisation de Murdochville conditionnelle au projet

Par Johanne Fournier 10:14 AM - 11 septembre 2026
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Le scénario économique de Métaux Osisko repose sur le déménagement d'une bonne partie de Murdochville, voire de la totalité de la ville. Photo tirée de Facebook - Métaux Osisko

Derrière les chiffres spectaculaires présentés le jeudi 10 septembre par Métaux Osisko sur son projet de relance de Mines Gaspé, qui représente de 4 à 5 milliards de dollars d’investissements et jusqu’à 1500 emplois pour la construction, se cache toujours une condition essentielle à sa faisabilité.

Le scénario économique de l’entreprise repose sur le déménagement d’une bonne partie de Murdochville, voire de la totalité de la ville.

Les forages menés depuis 2022 ont permis d’estimer à environ 2 milliards de tonnes les ressources de cuivre logées sous les monts Copper, Porphyre et Needle. Mais pour les extraire, la fosse théorique dessinée par les ingénieurs déborde largement sur la partie ouest de la ville.« Si on regarde le contour qui passe sur l’avenue Gabriel-Bernard, c’est ce qu’on minerait, confirme la vice-présidente de l’environnement et du développement durable de Métaux Osisko, Ann Lamontagne. On ne peut pas miner une montagne avec une ville qui est à 600 mètres de la fosse. »

Sans déménagement, le projet est écarté

Interrogée directement sur ce point lors du breffage offert aux journalistes le jeudi 10 septembre, Mme Lamontagne a confirmé que l’ensemble des chiffres avancés portant notamment sur l’ampleur de la mine, sa rentabilité et ses retombées, présuppose la relocalisation complète de Murdochville.

Si la population choisissait plutôt de conserver la ville, même en partie, l’entreprise devrait revoir son projet à la baisse, avec des conséquences directes sur sa viabilité. « Il va falloir vérifier si c’est encore intéressant économiquement », a-t-elle reconnu, ajoutant qu’un projet amputé « n’est pas le scénario idéal » pour une future minière exploitante qui voudra, tôt ou tard, aller chercher le reste du gisement.

Ann Lamontagne, vice-présidente de l’environnement et du développement durable de Métaux Osisko. Photo Johanne Fournier

Population ouverte

Métaux Osisko a sondé le pouls de la communauté à travers des groupes de discussion réunissant environ 120 personnes, soit moins du quart de la population de Murdochville. « Il y en a deux qui n’étaient pas à l’aise avec l’idée de reconstruire ailleurs, rapporte Ann Lamontagne. D’emblée, les gens disaient vouloir être relocalisés et être assurés qu’il n’y aurait pas d’impacts. »

Elle se dit néanmoins prudente, puisque les trois quarts des citoyens n’ont pas encore été entendus. « Ce n’est pas Métaux Osisko qui peut décider, qui va ouvrir une carte et qui va mettre une épingle sur un endroit pour leur dire que c’est là qu’ils iraient », insiste-t-elle.

Le BAPE aura le dernier mot

Pour l’instant, aucun échéancier ne contraint la population à trancher. La Ville doit mener ses propres consultations et Métaux Osisko attend d’y voir plus clair avant d’élargir sa propre démarche. « Jusqu’à tant qu’il n’y ait pas de pelletée de terre de fait, les gens peuvent changer d’idée, précise la vice-présidente. Ça va finir avec un BAPE, ce projet-là. » Elle ajoute que des mémoires pourront être déposés jusqu’aux audiences prévues autour de 2029 à 2031.

En attendant, le cuivre continue de grimper autour de 5 à 7 $ la livre, contre 65 ¢ à la fermeture de l’ancienne mine en 1999, rendant la relance potentiellement très payante, mais seulement si la ville accepte, un jour, de céder sa place.

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