Cinq groupes provenant de la société civile proposent aux candidats à l’élection du 5 octobre de se prononcer sur une déclaration de principe calquée sur le slogan du Parti conservateur du Québec – « Oser pour vrai » – en leur demandant d’avoir de l’ambition pour la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine.
L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) avait lancé une campagne en ce sens en juin 2025. Aujourd’hui, la Table de concertation féministe, le Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, le Groupe ressource en logements collectifs et le Réseau de développement social se joignent à l’APTS.
Logement et conditions de vie, développement régional et services publics, santé et services sociaux ainsi que les réalités sociales et démographiques ont été ciblés lors d’une conférence de presse se tenant à Sainte-Anne-des-Monts.
« On a parlé beaucoup ces dernières années de la pénurie de personnel, de la surcharge, de la détérioration de l’accessibilité aux soins, tout va avec la pénurie de logements, évoque la porte-parole du groupe et représentante de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine de l’APTS, Jenny Tardif. Quand on arrive pour recruter, on a été exposé à des gens qui n’avaient pas d’endroit où habiter. Les CPE sont un enjeu majeur. J’ai 15 salariés qui envisagent de retarder leur retour au travail par manque de places en garderie. Ce sont des pertes pour notre région. On a besoin que les candidats se prononcent. »
De longue date
Ces questions soulevées par le regroupement sont connues depuis au moins une décennie et rien n’a réellement progressé, estime-t-il. « Ce sont des dossiers qui traînent. On fait face à une pénurie de main-d’œuvre constante et grandissante. Il y a des questions à se poser au niveau politique : pourquoi les gens ne s’intéressent plus à certains types d’emploi ? », se demande la porte-parole du groupe.
Le financement fait partie des insécurités vécues, selon Jenny Tardif. « Maintenant, on doit voir où on met nos priorités, car on est dans un cercle vicieux. Pas de logement, pas de CPE; les familles ne viennent pas s’installer, les services sont de plus en plus difficiles à donner. La pénurie ajoute une pression sur les équipes et les congés de maladie augmentent. C’est un cercle vicieux. »
Le groupe ne se fait cependant pas d’illusion sur la fin en soi de leurs revendications. « Pas que tout soit réglé, mais qu’il y ait une priorisation du parti qui sera au pouvoir. Il y a une façon d’aborder les choses, mais si on prend la décision de ne rien changer, on va s’installer dans un cercle vicieux à long terme. En santé, s’il n’y a pas de priorités, il faudra envisager des bris de services et une réduction de leur qualité », conclut Jenny Tardif.
Seuls les candidats Méganne Perry Mélançon du Parti québécois (Gaspé) et Michel Marin du Parti libéral du Québec (Gaspé) ont accepté l’invitation qui leur avait été lancée. Ce dernier s’est engagé à signer la déclaration alors que son homologue péquiste veut prendre acte de toutes les revendications avant d’y apposer sa signature.
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