Une délégation de 35 personnes de Naval Québec est présentement à Hambourg, en Allemagne, afin de participer au Salon international de l’industrie maritime.
Cet événement bisannuel réunit l’ensemble de l’industrie maritime, y compris ses principaux acteurs, décideurs, experts, et professionnels. Plus de 2200 exposants et près de 50 000 visiteurs étaient attendus du 1er au 4 septembre.
Parmi eux, une équipe de La Côte-de-Gaspé, dont le directeur général de la MRC, Bruno Bernatchez, qui pouvait difficilement passer outre cet événement d’envergure avec les orientations économiques ciblées depuis quelques années envers l’industrie maritime.
« C’est le plus gros salon du genre en Europe. C’est énorme et imposant, sur un site déployé en huit pavillons, explique-t-il d’emblée au Pharillon, en direct du Vieux Continent. On sait maintenant davantage comment se positionner ; à qui parler. C’est un travail de longue haleine. Il n’y aura pas d’industrie qui va venir s’implanter cet automne, mais on comprend mieux comment en faire profiter La Côte-de-Gaspé et la Gaspésie. »

Potentiel confirmé
La journée du vendredi (4 septembre) était réservée pour la visite de l’entreprise TKMS, avec laquelle le Canada s’est entendu pour un contrat de 12 sous-marins. Le tour guidé n’avait pas eu lieu au moment d’écrire ces lignes, mais déjà des éléments intéressants ont pu être confirmés alors que la MRC avait déjà indiqué s’intéresser à la maintenance de ces mastodontes des mers.
« On parlait beaucoup de regarder pour l’entretien. On s’était positionné comme MRC. On a mieux su comment ça allait fonctionner », poursuit Bruno Bernatchez. Ce n’est par exemple pas TKMS qui décidera qui en fera la maintenance, mais plutôt la Défense nationale.
« Ça éclaircit des choses et ça vient préciser nos possibilités comme région en termes de développement et d’attraction d’entreprise, ajoute le directeur général. En ayant davantage de connaissances sur l’industrie et les besoins, et en considérant notre potentiel et nos contraintes – qu’elles soient physiques ou économiques – on vient raffiner davantage nos cibles et nos stratégies. On peut mieux peaufiner nos prochaines actions. »
Chose certaine, le vecteur de l’industrie maritime est plus que jamais porteur, estime-t-il. « En résumé, jusqu’à présent, on n’est pas à côté de la track. »

Industriels au rendez-vous
Le président-directeur général du Chantier Naval Forillon, Jean-David Samuel, était aussi de la partie pour la partie allemande du voyage. Son entreprise compte environ une centaine d’employés ; nombre qui a doublé depuis 2015, notamment grâce à la construction de 10 nouveaux bateaux de recherche et de sauvetage de la Garde côtière canadienne, dont le dernier a été livré l’an dernier. Le Chantier Naval Forillon a aussi décroché un contrat de 55,5 millions de dollars pour la construction de leur premier navire hybride électrique.
« On avait deux objectifs. Le premier, c’est de voir de nouveaux fournisseurs. Il y en a énormément ici, c’est assez fou. Presque chaque pays à un pavillon. Il y a des fournisseurs européens, asiatiques et africains. Ça nous permet de découvrir de nouveaux joueurs. Et il n’y a aucun fournisseur qui n’est pas dans le domaine maritime. »
L’autre objectif, c’est de bâtir des relations et des partenariats avec d’autres entreprises, même canadiennes, avec des acteurs qu’ils n’ont pas toujours la chance de rencontrer dans leur quotidien, avec en toile de fond la guerre commerciale avec les voisins du sud.
« On ne veut pas dépendre des États-Unis, confirme Jean-Davis Samuel. Présentement, on n’est pas trop impactés, mais qu’est-ce que ça va être dans trois semaines ou six mois ? Ici, il y a des joueurs de partout dans le monde. Ça nous permet aussi de s’inspirer et voir comment on peut développer les choses au Canada. On repart d’ici assez motivés », conclut-il.
Pour une partie de la délégation, la mission se poursuivait du côté de l’Italie pour des visites industrielles de ports et d’entreprises militaires. À suivre.
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