Fort, estime-t-il, d’un appui populaire avec notamment une pétition de quelque 600 noms réclamant le départ de conseillers qui feraient de l’obstruction à son égard, le maire de Paspébiac a finalement choisi de rester en fonction.
« La population a témoigné un appui très important à mon égard. C’est vraiment une masse critique qui m’a demandé de rester, que je faisais un bon travail », commente Jérémy Laplante, qui dit avoir reçu des messages d’encouragement et se faire interpeller sur les lieux publics pour demeurer en place.
Les relations entre les membres du conseil et Jérémy Laplante ne sont pas au beau fixe, particulièrement depuis la suspension du directeur de la Culture à la fin juillet, qui a été renversée par le conseil le 10 août.
Par la suite, le départ à la retraite annoncé du directeur général plus tard cet automne et le dépôt le 19 août d’une mise à jour du Code d’éthique des employés n’ont pas amélioré le climat.
Le lendemain, sur les réseaux sociaux, Jérémy Laplante avait évoqué un départ prochain après trois années en politique municipale où il affirmait clairement ne plus vouloir continuer ni avec les élus en poste ni avec le directeur général actuel, faisant face, disait-il, à une grande hostilité et d’un grand mépris.
C’est à ce moment qu’il a évoqué qu’à moins d’une démission d’une majorité de conseillers, il quitterait ses fonctions dans les prochaines semaines, menotté dans l’idée de faire avancer son programme politique; une tâche devenue trop lourde, en tentant de vouloir défendre l’intégrité dans ses fonctions, affirmant que certains préfèrent défendre leurs amis.
Le 24 août, il a demandé à nouveau une nouvelle équipe de conseillers, tout en maintenant le point qu’il songeait à quitter, doutant que les conseillers aient envie de travailler en équipe. On lui reprochait alors d’exercer son pouvoir de surveillance sur les finances municipales.
Le maire n’a pas trouvé de malversation au sein de l’administration, mais rappelle le cas de Saint-Simon-de-Rimouski, où la direction générale s’était emparée pour usage personnel d’une somme de 300 000 $.
Des accusations criminelles et une condamnation s’en sont suivies et la Commission municipale du Québec avait indiqué que les élus avaient manqué à leur devoir de surveillance des fonds.
Le 27 août, un énoncé de politique générale a été proposé par le maire afin d’établir une feuille de route pour tenter de rassembler le conseil dans une vision de développement avec un plan stratégique, ce qui a été rejeté par les conseillers. Une médiation a ensuite été demandée auprès du ministère des Affaires municipales.
L’élu espère que cette requête à Québec dénouera le clivage existant avec son conseil, notamment sur la transparence, le développement économique ou l’éthique et la déontologie. Deux visions s’affrontent sur la façon de faire de la politique entre les décisions prises à huis clos ou une délibération en public.
« Cette transparence et cette délibération publique, c’est bon, car cela permet de mieux informer les citoyens. Ça renforce la confiance des gens envers le monde municipal. Ça donne l’impression que la culture du secret est brisée », répond-il lorsqu’on lui demande s’il pourrait mettre un peu d’eau dans son vin pour tenter d’améliorer le climat.
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