Un enfant, une place en garderie, réclame la Table féministe
La coordonnatrice de la Table de concertation féministe GIM, Nastassia Williams, a livré son message au député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix, cet avant-midi au bureau de Gaspé. Photo Nelson Sergerie
Des parents et des enfants se sont mobilisés ce mardi 25 août en Gaspésie pour que le principe « un enfant, une place en garderie » prenne tout son sens lors de la campagne électorale qui culminera avec le scrutin du 5 octobre.
La mobilisation s’est faite sous l’égide de la Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. Des haltes-garderies improvisées se sont tenues dans les bureaux des députés de la région; à Gaspé pour Stéphane Sainte-Croix, et à Carleton-sur-Mer pour Catherine Blouin.
Une vingtaine de personnes étaient présentes à Gaspé ; une quinzaine à Carleton-sur-Mer. « On a organisé des haltes garderies […] dans l’objectif de rappeler que l’enjeu n’était pas résolu, mentionne la coordonnatrice de la Table, Nastassia Williams, qui était au rassemblement de Gaspé. Il y a quelques années, le gouvernement a lancé la construction de plusieurs places, mais on a encore un problème majeur. Le fait qu’on manque de places a un effet disproportionné pour les femmes qui, souvent, restent à la maison. On s’attend que tous les candidats se positionnent pour régler cet enjeu. »
Une autre problématique soulevée est qu’une fois les places rendues disponibles, il n’y a aucune éducatrice spécialisée pour prendre soin des enfants.
« C’est pour cette raison que l’on considère que c’est un enjeu doublement féministe, poursuit Nastassia Williams. Les personnes qui sont impactées par le manque de places sont les mères et les travailleuses, qui souffrent de ce manque de reconnaissance. Les éducatrices sont formées et travaillent en sous-effectifs. C’est un métier mal rémunéré et exigeant. Les gouvernements n’ont pas fait le travail en reconnaissant le travail des éducatrices à la petite enfance. Si on ne reconnait pas le métier à sa juste valeur, ce sont les femmes qui en souffrent comme mères et comme travailleuses. »

Des parents témoignent
Deux parents ont pris la parole durant la halte-garderie improvisée au bureau de Stéphane Sainte-Croix. Marylène Savard est mère de jumeaux d’un an. Une belle aventure, mais la problématique du manque de garderie est ressentie.
« Mon conjoint et moi allons arrimer les prochains mois à savoir quand je pourrai retourner à temps plein. Chacun va se partager un trois jours/deux jours. C’est une difficulté présente au niveau financier qui va possiblement réduire de moitié notre revenu familial, mais aussi au niveau de la sphère sociale pour avoir un impact dans la communauté. Nos cocos ont besoin de rencontres, de stimulations. On a des coups de pouce, mais on a définitivement un grand besoin de garderie », explique celle qui œuvre dans le domaine de la santé.
Elle travaille aussi à développer un service de garde en communauté au centre communautaire Trachy à Douglastown, un projet de 12 places qu’elle souhaite voir ouvrir à l’automne.
Francis Paquin est aussi un jeune papa. « C’est stressant avec le retour au travail et la date d’entrée qui était maintenant. On a la chance d’avoir deux emplois qui sont assez flexibles et accommodants dans les opérations. Je reprends le travail, mais ma conjointe qui avait des plans de carrière doit rester à la maison. C’est très difficile. D’autant plus qu’il y a un stress financier. L’idée d’une prolongation de prestation en urgence serait la bienvenue. On garde espoir. »
Le député dit avoir agi et le fera encore
Appelé à commenter la sortie de la Table, Stéphane Sainte-Croix rappelle que des projets ont été réalisés, notamment à Grande-Vallée et à Gaspé.
« Je comprends que ce n’est pas suffisant. On ne va pas arrêter là, assure le député de Gaspé, qui a accepté de recevoir le groupe en visite surprise. Il y a des dossiers qui cheminent dans la machine. Il y a eu des avancées notables dans le comté et on en est fier. Je suis très conscient de vos réalités. Il y a une campagne qui s’en vient. On va faire état de la poursuite de nos actions dans les prochaines semaines. Je suis très heureux de vous entendre. Ce sont des préoccupations qui nous habitent à tous les jours. Je suis un papa aussi. »
Du côté de Carleton-sur-Mer, la quinzaine de personne n’ont pu échanger avec la députée et ministre de la Famille, Catherine Blouin, qui était absente. Réagissant dans une déclaration par courriel, l’élue dit comprendre les réalités vécues par les familles.
L’accès aux services de garde, entre autres, demeure une priorité et travaille sur des engagements concrets pour aller encore plus loin, créer davantage de places et mieux soutenir les familles de la région, indique-t-elle-
Catherine Cyr Wright a pris la parole pour exprimer les mêmes préoccupations au personnel du bureau de comté. L’organisme Ma place au travail travaillait d’ailleurs en collaboration avec la Table de concertation féministe.
« La pénurie n’est pas près de se résorber », résume la directrice, Élizabeth Brosseau.
« Qu’on en soit encore là en 2026, c’est un recul pour l’égalité des genres au Québec. Une étude de Ma place au travail publiée en 2025 le confirme : 63 % des femmes ont dû prendre un congé supplémentaire après leur congé parental, contre 15 % des hommes. Résultat pour les familles : une perte de 25 535 $ en revenu annuel brut pendant cette période sans place », ajoute-t-elle.
Selon le dernier portrait de Québec, il manque 361 places en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine pour combler l’ensemble des besoins.
Les revendications en bref
- Que tous les services de garde éducatifs à l’enfance soient gratuits, de qualité, et accessibles à tous les enfants;
- Que les éducatrices soient reconnues pour leur travail et leurs connaissances, avec de meilleures conditions;
- Que les prestations du RQAP soient au moins égales au salaire minimum à temps plein et puissent être allongées pour les mères sans place en service de garde éducatif à l’enfance;
- Que toutes les éducatrices qualifiées puissent travailler sans discrimination, même si elles portent des signes religieux.
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.