Lettres à mes parents - correspondance de guerre 1916 à 1918

Œuvre de mémoire de guerre

Par Johanne Fournier 12:56 AM - 22 août 2026
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Annick Fontaine a enrichi le livre d'une cinquantaine d'illustrations. On la voit ici avec son chien Lucky. Photo courtoisie

Annick Fontaine a récemment fait paraître Lettres à mes parents, un recueil rassemblant la correspondance de guerre du capitaine Paul-Émile Côté, son grand-oncle originaire de Cap-Chat.

Rédigées entre 1916 et 1918, ces 35 lettres adressées à ses parents et à ses frères traversent toutes les grandes batailles de la Première Guerre mondiale, de Courcelette à Vimy, en passant par la Somme.

Le manuscrit a survécu grâce à une précieuse chaîne de transmission. « C’est grâce à trois générations de femmes et moi, je suis la quatrième », explique la résidente des Éboulements, dans Charlevoix, qui enseigne les mathématiques au secondaire à L’Isle-aux-Coudres.

Son arrière-grand-mère avait soigneusement gardé les lettres originales, sa grand-mère en avait fait des photocopies qu’elle a remises à sa mère et les originaux ont finalement été retrouvés chez une cousine.

C’est une visite au Musée Royal 22Régiment à Québec qui a été l’élément déclencheur du projet. « Je me suis dit qu’il fallait que la voix de mon grand-oncle soit entendue parce qu’elle est différente des autres. »

Travail de transcription et d’illustration

Le projet a demandé un an et demi de travail, réalisé en étroite collaboration avec sa mère âgée de 88 ans, qui signe l’avant-propos du livre.

Annick Fontaine a tenu à respecter l’intégrité du texte original. « J’ai gardé toutes les expressions d’époque. Même des fois, pour les négations, il ne mettait pas le “ne” et je les ai laissées comme ça. »

L’ouvrage se distingue aussi par ses illustrations, une cinquantaine au total, dessinées en noir à l’encre de Chine pour les scènes de guerre et en couleur pour les souvenirs plus heureux.

Lettres à mes parents – correspondance de guerre 1916 à 1918 raconte l’histoire de Paul-Émile Côté de Cap-Chat pendant la Première Guerre mondiale. Photo Johanne Fournier

Portrait d’un homme loin des clichés

Ce travail d’édition a bousculé l’image qu’elle se faisait de son aïeul. « Je le voyais un peu comme un général sérieux et taciturne, confie-t-elle. Mais, ce n’était pas du tout un général. Il était capitaine et il était loin d’être taciturne ! »

Les lettres révèlent plutôt un homme jovial, déterminé et soucieux de rassurer ses parents, qui a reçu la croix militaire pour sa bravoure.

Parmi les correspondances, celle du 7 avril 1917, écrite juste avant la bataille de la crête de Vimy, occupe une place particulière pour Mme Fontaine ; elle figure sur la quatrième de couverture du livre.

Témoignage universel

Au-delà de l’histoire familiale, Annick Fontaine espère que son livre trouvera un large lectorat, y compris en Europe « pour que les Européens voient ce qu’un petit Québécois a fait là-bas ».

Par ailleurs, elle souhaite que les lecteurs retiennent la proximité humaine qui traverse le temps. « Les gens qui vivaient à cette époque étaient aussi sensibles que nous ; c’étaient des êtres humains. »

Lettres à mes parents – correspondance de guerre 1916 à 1918 est en vente à la Librairie L’Encre noire de Sainte-Anne-des-Monts. Il s’agit du deuxième livre d’Annick Fontaine, après Fidèle au poste, publié lui aussi à compte d’auteur.

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