Sclérose en plaques

Suivre sa sclérose en plaques avec un iPad

Par Jean-Philippe Thibault 5:25 AM - 21 août 2026
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Le test prend environ 30 minutes et se fait aux trois mois, à l'aide d'un simple iPad Pro. Photo courtoisie

Depuis la semaine dernière, les infirmières de la Clinique de soins spécialisés de l’Est-du-Québec à Rimouski sont officiellement aptes à administrer les tests ETNA-SP.

Cette innovation québécoise approuvée par Santé Canada a été développée par l’entreprise Innodem Neurosciences et permet un suivi fréquent de la sclérose en plaques grâce à outil simple : une application sur un iPad Pro.

« Il y a quelque chose dans la caméra pour détecter le mouvement des yeux et mesurer différents paramètres neurologiques, dont la motricité oculaire », explique Anne-Marie Didier, directrice régionale pour l’Est-du-Québec chez Larivière et Massicotte, Pharmaciennes, également originaire d’Amqui où elle a encore un pied à terre.

« Ces mesures permettent d’évaluer la progression de la maladie. Ça permet de faire le suivi entre les rendez-vous avec le neurologue, qui peuvent parfois être difficiles à avoir en région. Si on peut faire le suivi régulièrement, on peut plus facilement observer une tendance. S’il y a une variation significative dans le temps, on peut contacter le neurologue. »

En deux temps, trois mouvements

Le test prend environ 30 minutes et se fait aux trois mois. Si des changements significatifs sont observés, les neurologues sont mis au fait de la situation. Les patients d’Amqui et de Matane devraient y avoir ensuite accès selon la demande et les besoins. Les intéressés peuvent s’inscrire gratuitement à un projet pilote mené par Sclérose en plaques Canada ou contacter directement Larivière et Massicotte, Pharmaciennes, la seule pour le moment à s’être procuré la licence ETNA-SP dans l’Est-du-Québec.

Pour Anne-Marie Didier, cette technologie est une façon de promulguer des suivis de santé dans les régions, elles qui sont plus souvent qu’à leur tour pénalisées par leur éloignement.

« J’ai réalisé à quel point en ville les patients ont accès à des projets d’études cliniques, des traitements et des technologies innovantes, alors qu’en région, personne n’a accès à ça. J’ai toujours voulu travailler là-dessus pour rendre accessibles des services d’expertise en région. »

Le test est d’ailleurs aussi simple que l’application sur laquelle il est supporté. Les infirmières n’ont besoin que d’une heure de formation. Les utilisateurs peuvent ultimement procéder eux-mêmes au test en compagnie d’un de leurs proches. Tous les résultats sont conservés en infonuagique et analysés après coup par des pharmaciens.

Exportation et progression

Le projet pilote a déjà été déployé à Lévis, en Beauce, à Québec et à Montréal. Les premiers patients du Bas-Saint-Laurent ont quant à eux été contactés la semaine dernière. La démarche pourrait même être exportée à l’est vers Gaspé si la demande se fait sentir.

« Il y a tellement de facteurs confondants que c’est parfois difficile de savoir si c’est la progression de la maladie ou des effets secondaires d’un nouveau médicament au dossier, souligne Anne-Marie Didier. De faire le test fréquemment, ça permet de corroborer ou pas si c’est la progression de la maladie ou autre chose. En fin de compte, c’est un travail de collaboration entre les pharmaciens et les neurologues pour mieux les soutenir et augmenter la surveillance des patients entre les rendez-vous. Ça rassure les patients et contribue à les impliquer davantage dans leur traitement  »

À long terme, la même technologie pourrait servir pour le suivi d’autres maladies dégénératives, comme l’Alzheimer ou le Parkinson. « On va pouvoir aller plus loin. C’est le but, alors j’aimerais que les gens d’ici y aient accès dès le début. Après, c’est plus simple pour un plus grand déploiement », conclut la pharmacienne.

Le Bas-Saint-Laurent compterait environ 750 personnes atteintes de sclérose en plaques, pour quelques centaines en Gaspésie. L’âge moyen au moment du diagnostic est de 43 ans.

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