La reprise de Forillon reste dans l’air
Le panorama au sommet du mont Saint-Alban est l'un des plus iconiques du parc national Forillon, surtout en automne. Photo Jean-Philippe Thibault
Québec maintient le cap et souhaite toujours rapatrier sous son aile du fédéral la gestion du parc national Forillon.
L’idée avait été évoquée publiquement en avril et chemine depuis. « Ce dossier s’est rendu à bon port. On est en attente d’une ouverture à l’effet de poursuivre le dialogue convenu par l’entente », indique le député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix.
En 1970, le gouvernement du Québec avait conclu une entente portant sur la création du parc national Forillon avec le gouvernement fédéral afin de transférer l’administration et le contrôle d’un territoire d’une superficie de 244 km2 dans la presqu’île de Forillon pour y créer un parc fédéral. L’entente est d’une durée de 99 ans et prendra fin le 8 juin 2069.
L’article 11 est une clause de résiliation de plein droit prévoyant la possibilité pour Québec d’y mettre fin après 60 ans, soit en 2030. Pour s’en prévaloir la province devait faire parvenir au gouvernement fédéral un préavis écrit de 5 ans, soit avant le 8 juin 2025.

Sur la glace
Le dossier est toutefois suspendu en raison de la période électorale qui s’annonce. « Dans l’éventualité de la poursuite de notre mandat et avant la fin de session, j’ai discuté avec Jean Boulet, responsable des Relations intergouvernementales, et évidemment, le dossier est actif, pertinent et important pour notre gouvernement. On ira de l’avant le temps venu », poursuit Stéphane Sainte-Croix.
La clause de résiliation prévoit que Québec devra, selon ce qu’Ottawa choisira, soit lui rembourser « toutes les dépenses d’immobilisation encourues par ce dernier en rapport avec le parc durant les 60 années précédentes », soit le compenser « d’une manière acceptable par ce dernier ».
Les sommes pourraient être importantes. Dans la dernière décennie, Ottawa a investi quelque 100 millions de dollars à Forillon, sans compter les sommes dépensées depuis la création du parc.
Pour y parvenir, Québec a transmis en mai 2025 une demande d’estimé des dépenses que le Québec devrait rembourser ou compenser s’il souhaitait reprendre le parc national Forillon à sa charge. Ottawa avait cependant rapidement fermé la porte à cette demande.
« Je m’explique mal la réaction, note le député de Gaspé. On va se donner le temps de faire les choses dans l’ordre, de réactiver le dossier et continuer à discuter avec les parties prenantes et faire en sorte d’avoir une saine compréhension de notre geste pour poursuivre la relation du parc Forillon dans notre communauté. »
Ce printemps, le député assurait que la mission de conservation serait maintenue dans l’éventualité où Québec reprendrait le territoire. La Sépaq serait l’organisme tout désigné pour gérer le parc si une entente intervenait entre les deux paliers de gouvernement.
Sainte-Croix évoquait le fait que si Ottawa ne répondait pas, Québec devrait peut-être évaluer ses options, notamment de faire appel aux tribunaux.
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