Il est minuit moins une pour la Coopérative de solidarité, de développement économique et social de Mont-Saint-Pierre qui tente de se garder la tête hors de l’eau.
Dans une lettre envoyée à ses membres, dont certains médias ont reçu une copie par la bande, on y apprend que la Coopérative est dans une situation plus que précaire, au point tel que des démarches pour se placer à l’abri des créanciers sont maintenant à l’ordre du jour.
Dans cette missive exhaustive, la Coopérative blâme surtout la municipalité pour son manque de soutien et d’implication dans le conseil d’administration. Il y a aussi de nombreux litiges en ce qui a trait à des factures à payer.
Dès 2024, des problèmes financiers émergeaient à la Station de montagne qui employait une quinzaine de personnes. On justifie cette situation précaire par la faible affluence de visiteurs, soit moins de la moitié de ce qui était espéré. La Coop indique qu’à ce moment-là, la municipalité se faisait rassurante et évoquait que des arrangements étaient possibles.

La municipalité tergiverse
Or, après avoir monté un plan de redressement, la municipalité aurait changé son fusil d’épaule. « Moins de deux semaines après la confirmation du plan de redressement, nous avons été convoqués par le maire et la DG de l’époque pour nous remettre des avis de non-paiements des taxes et des loyers et des avis de cession des baux. Ces avis ont été présentés sans respect des clauses des baux, sans en-tête, sans date et sans ventilation des montants à payer », explique la Coopérative.
À partir de ce moment, les choses se sont détériorées. La municipalité indiquait à la Coop que toute communication se ferait dorénavant par l’entremise de leur avocat. Peu de temps après, les serrures étaient changées sur les bâtiments loués par la Coop et la municipalité revenait à la charge avec une facture de 85 000 $.
Une rencontre s’est finalement tenue où une entente fragile entre la Coop et la municipalité est survenue. En échange d’un plan de paiement, Mont-Saint-Pierre se positionnerait à nouveau comme partenaire stratégique.
Toutefois, la Coop déplore que la municipalité n’ait jamais véritablement endossé ce rôle de partenaire, se positionnant davantage comme un fournisseur de services. Ces relations difficiles n’étaient pas le seul souci de la Coopérative de solidarité, puisque la MRC et les bailleurs de fonds n’ont pas embarqué dans le plan de relance. Selon la Coop, le manque de collaboration de la municipalité aurait refroidi les autres partenaires.
Certains fournisseurs ont tout de même accepté d’alléger le fardeau financier de la Station de montagne, mais, malgré tout, il a été impossible de relancer les activités pour la saison 2026.

L’avenir de la Station
Que réserve l’avenir ? Personne ne le sait. Toutefois, la Coopérative martèle que ce projet financé à la hauteur de 6,5 millions de dollars est trop important pour la revitalisation de Mont-Saint-Pierre. De plus, la Coop souligne qu’elle a aussi beaucoup investi dans les infrastructures.
« Froidement, nous avons investi près de 160 000 $ pour apporter l’électricité au sommet, 14 403 $ pour alimenter la croix en énergie qui ne l’était plus depuis plusieurs années, 81 000 $ pour la nouvelle entrée électrique et le chauffage dans l’église parce que ce dernier avait éclaté et que la municipalité n’avait pas les moyens de le remplacer. »
Alors, quelle est la suite des choses ? Une assemblée générale se tiendra le 21 août afin d’expliquer la situation aux membres et répondre aux questions. Reste aussi à savoir ce que la municipalité fera à partir de ce moment.
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