Certaines sont tellement incrustées dans le paysage qu’on ne les remarque même plus. En revanche, d’autres piquent la curiosité, suscitent les commentaires et invitent à la discussion. C’est un peu le propre de l’art, diront certains. Quoi qu’il en soit, Le Pharillon s’est intéressé à ces œuvres d’art publiques qui peuvent être aperçues un peu partout dans La Côte-de-Gaspé et Rocher-Percé. En voici un florilège, trié sur le volet aléatoirement. D’autres suivront dans les prochaines semaines, si les lecteurs apprécient la démarche. Toutes les suggestions sont d’ailleurs les bienvenues.
1. L’Éveil collectif
Gaspé peut certainement se compter chanceuse d’avoir sur son territoire une œuvre d’Armand Vaillancourt, sculpteur le plus connu du Québec, possédant de surcroît une réputation internationale. La conception de cette porte d’arche a été offerte en 2005 dans le cadre de la défunte TDLG, mais elle ne sera érigée qu’en 2012. La création fait 9 mètres de haut et 20 mètres de large. Située à l’entrée de la piste cyclable, elle représente l’énergie, la fougue et la passion du peuple gaspésien. L’arche symbolise également l’ouverture au monde.

2. Port d’attache
Tout près, à l’avant de la gare intermodale, se trouve un énorme objet, dont bien peu de gens connaissent l’origine ou la nature, si l’on se fie aux recherches faites par Le Pharillon. Il s’agit en fait d’une création de Yannick Pouliot, faite en 2014, qui se veut un lien tangible entre la terre et la mer ; entre les croisiéristes qui arrivent par la mer et les touristes qui arrivent de la terre. Cette dualité s’exprime par la bouée d’aluminium à sa base et la gloriette à sa tête. Vous voilà maintenant mieux renseigné.

3. Trouver son sens
Plus récente, cette pièce des artistes Jean-François Cooke et Pierre Sasseville – les mêmes qui ont créé La Rencontre près du Centre Vidéotron à Québec ; deux cerfs reposant l’un sur l’autre et faisant 11 m de haut – a été installée en 2021 près de la nouvelle urgence de Gaspé, en vertu d’une politique de Québec qui stipule qu’environ 1 % du budget total de la construction d’un édifice ou d’un site public doit être consacré à l’intégration d’une œuvre d’art. Ici, Trouver son sens représente un grand héron, animal emblématique symbolisant la patience et la connaissance de soi. L’aspect de l’œuvre rappelle la structure des feuilles et des branches, et réfère aussi à la double hélice servant à illustrer l’ADN humain.

4. Sam le mineur
Probablement l’œuvre plus connue de ceux qui font régulièrement le trajet de la route 198 entre Gaspé et L’Anse-Pleureuse, mais peu de gens savent que ce géant de 5 m a un nom, S.A.M en l’occurrence comme acronyme de « symbole d’avenir de Murdochville ». Située près du Centre d’interprétation du cuivre, à l’entrée est de la ville, cette pièce de l’artiste Claude Rioux, de Rivière-à-Claude, a été créée pour le 60e anniversaire de la ville, en 2013, pour rendre hommage aux travailleurs miniers. Pour les curieux, elle n’est pas en cuivre, mais plutôt constituée de fibre de verre disposée par laminage sur une armature en lattes métalliques.

5. Un pépin, une pomme, une culture
À Percé se trouve à un jet de pierre du Géoparc une création de Ludovic Boney, elle aussi issue de la politique du 1 %. L’œuvre, installée en 2017, se veut une rencontre mettant l’accent sur la relation que l’homme entretient avec la nature (d’où le nom). L’anthropisation – la trace laissée par l’homme dans son environnement – est au cœur du propos de l’artiste.

6. L’esseulée
Vous n’avez pas la berlue si vous croyez avoir déjà vu cette sculpture ailleurs qu’à Chandler (à Mont-Joli notamment). Roger Langevin, un autre visage bien connu de la sculpture québécoise et habitant à Rimouski, a réalisé en 2013 une série de 12 exemplaires de L’esseulée, dans le but d’être installés aux quatre coins du Québec à la suite du suicide d’une adolescente en Gaspésie, victime d’intimidation. L’œuvre montre trois adolescents en trois éléments propres au phénomène de l’intimidation : l’intimidateur, le témoin, la victime. L’espace vacant près de la protagoniste permet à quiconque désire symboliquement l’accompagner de s’asseoir à ses côtés, prenant littéralement position contre l’intimidation. La sculpture se situe à la croisée des chemins du Circuit des bâtisseurs.

7. La rivière
Parlant de Roger Langevin, d’autres de ses œuvres se retrouvent à Grande-Rivière, dont La Rivière, arrivée en septembre 2019 devant l’ÉPAQ (quelques jours avant son déménagement, sur la photo). Celle-ci représente une femme qui nage symboliquement sur le dos, maintenue sur place par deux points d’appui seulement, l’un au bout de son talon, l’autre le long de son coude, ce qui constitue en soi une prouesse technique. Sous elle, on retrouve une trentaine de roches de différentes hauteurs à travers lesquelles passent 23 poissons. Elle symbolise le lien qui unit les habitants de Grande-Rivière avec l’eau.
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