Invité par la Société d'histoire Haute-Gaspésie

Beaucoup d’émotion pour Matthias Rioux

Par Johanne Fournier 11:50 AM - 10 août 2026
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Matthias Rioux a livré un vibrant témoignage d'amour pour sa Haute-Gaspésie natale. Photo Johanne Fournier

« De vous voir tous ici présents, comme on disait chez nous, j’ai le motton dans la gorge », a lancé l’ancien député de Matane Matthias Rioux, visiblement ému. Le natif de Rivière-à-Claude est venu, le jeudi 6 août, à la rencontre d’une cinquantaine de personnes réunies à la Librairie L’Encre noire de Sainte-Anne-des-Monts, à l’invitation de la Société d’histoire Haute-Gaspésie.

Celui qui a été tour à tour enseignant, syndicaliste, journaliste, animateur, député et ministre a évoqué son état de santé avec une formule marquante. « On me demande si je suis en rémission, a abordé le nonagénaire. Je leur réponds que non, je suis en rédemption! »

Plusieurs députés qui lui ont succédé, dont certains ayant représenté la circonscription qui a été depuis redécoupée, étaient présents : Pascal Bérubé, Gaétan Lelièvre, Mégane Perry-Mélançon et l’actuel député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix.

Un amour indéfectible pour la Gaspésie

L’ancien parlementaire a rappelé l’attachement profond qui l’unit à sa région natale. « À 18 ans, j’ai quitté la Gaspésie, mais je l’ai amenée avec moi. La Gaspésie m’a inspiré dans tout ce que j’ai fait. »

Il a cependant poursuivi en disant s’inquiéter du sort de Sainte-Anne-des-Monts. « De petits commerces ferment, le Restaurant du Quai qui prend le bord. Ça me touche. Ça me fait mal. »

Photo Johanne Fournier

Hommage aux devanciers

Matthias Rioux a rendu hommage à plusieurs figures marquantes du développement gaspésien, dont Mgr François-Xavier Ross, Antoine Bernard, Esdras Minville, Jules Bélanger et l’abbé Roland Provost. Il n’a pas manqué de souligner le travail de mémoire de l’actuel directeur général de la Société d’histoire Haute-Gaspésie, Marc-Antoine DeRoy, qu’il considère comme faisant partie des bâtisseurs de la région.

Il a aussi salué le travail de l’archiviste-conservatrice de l’organisme, Allison Servant, qui l’a incité à léguer ses archives personnelles à la Société d’histoire. Selon M. Rioux, le Musée de la Gaspésie et l’Assemblée nationale les convoitaient. « Je leur ai dit non, a-t-il raconté. J’avais dit que si, un jour, je voulais léguer mes archives, ce serait chez nous. »

Appel à la relève

L’érudit, qui a obtenu un doctorat à l’âge de 84 ans, a insisté sur l’importance de laisser la place aux jeunes pour réinventer le modèle de développement de la région. « Il ne faut pas penser que c’est nous qui avons eu le monopole des idées. Ce sont les jeunes. »

Il a conclu sur une note d’espoir. « À 92 ans, je trouve que la vie est bien courte. Mais, il ne faut pas qu’elle soit petite. C’est à nous de la faire grande. »

Après son allocution, M. Rioux s’est prêté à une longue séance de dédicaces de sa biographie Partir sans jamais quitter, écrite par Serge Geoffrion. Des discussions ont suivi et un vin d’honneur a été servi, avant le dévoilement d’une plaque commémorative.

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