Des craintes pour la navette vers Anticosti

Par Johanne Fournier 8:27 AM - 7 août 2026
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Le port de Havre-Saint-Pierre serait l’éventuel point de départ de la navette Minganie-Gaspésie. Photo tirée de Facebook — Port de Havre-Saint-Pierre

Une première consultation publique s’est tenue à Anticosti dans le cadre de la relance, remontant à 2022, du projet de navette interrives entre la Minganie et la Gaspésie, avec un possible passage par l’île d’Anticosti. 

Une quarantaine de citoyens ont assisté à la rencontre tenue le mardi 4 août, dont une quinzaine ont pris la parole pour exprimer leurs attentes, leurs interrogations et leurs réserves.

La consultation a réuni des élus des territoires concernés, dont le préfet de Côte-de-Gaspé, Daniel Côté, ainsi que des représentants du Port de Havre-Saint-Pierre. Les échanges ont révélé l’attachement des Anticostiens à leur île et leur souci de préserver l’équilibre de leur communauté. Plusieurs enjeux ont été abordés : sécurité, protection du territoire, capacité d’accueil, approvisionnement et qualité de vie.

Les avis sur les retombées économiques potentielles divergent. Certains résidents craignent qu’une hausse de l’achalandage touristique fasse pression sur les infrastructures et les ressources locales, tandis que d’autres estiment que les retombées actuelles du tourisme profitent peu aux commerces de l’île. D’autres encore redoutent qu’un afflux de visiteurs nuise à l’approvisionnement en denrées essentielles pour les résidents permanents.

Sébastien l’Écuyer, préfet de La Minganie. Photo Manuel Paradis

À la rencontre des citoyens

Le préfet suppléant de la MRC de Minganie s’est rendu sur l’île d’Anticosti pour discuter directement avec la population. « J’ai voulu aller à la rencontre des citoyens, raconte Sébastien L’Écuyer. Je me suis fait inviter par des citoyens dans leur maison, par des commerçants dans leur commerce. »

Ces échanges, dit-il, confirment en grande partie les constats de la consultation publique. « Les gens ont généralement dit que les infrastructures, les entreprises et les citoyens n’étaient pas encore prêts à accueillir ce genre de projet. » M. L’Écuyer souligne aussi une volonté commune d’améliorer les services existants plutôt que de simplement multiplier les nouveautés touristiques. « On ne veut pas seulement de nouvelles opportunités, mais on veut aussi améliorer les services qu’on a actuellement. »

Représentativité jugée significative

Sur une population d’environ 200 habitants, une quarantaine de personnes ont assisté à la consultation, dont une quinzaine qui a pris la parole. Pour l’élu, cet échantillon demeure représentatif. « C’est substantiel, mais on n’a pas parlé à 200 personnes non plus. »

Il précise que la MRC finance la consultation. « On n’est pas les promoteurs du projet, souligne-t-il. On n’est pas non plus les initiateurs de l’idée. » Parmi les préoccupations exprimées, les thèmes liés à la sécurité, à l’encadrement des touristes et à la fragilité de l’écosystème insulaire sont souvent revenus. « Anticosti est une île qui est merveilleuse, spéciale, unique et qu’il faut préserver à tout prix », fait valoir Sébastien L’Écuyer.

Projet malléable

Interrogé sur l’arbitrage éventuel entre les intérêts de Havre-Saint-Pierre, dont le port serait le probable point de départ, ainsi que les craintes des Anticostiens, le politicien insiste sur la flexibilité du projet, qui pourrait inclure un arrêt de quatre heures à Anticosti ou aucun arrêt du tout. « Si les citoyens d’Anticosti disent non et que la municipalité d’Anticosti dit non, il va falloir les écouter ; ils font partie de la Minganie. On ne peut pas les ignorer ! »

Les discussions se poursuivent entre le Port de Havre-Saint-Pierre ainsi que les MRC de La Côte-de-Gaspé et de la Minganie, en collaboration avec la municipalité de L’Île-d’Anticosti. Une boîte aux lettres électronique est ouverte pour recueillir les commentaires des citoyens de l’île.

« Notre rôle est d’initier et de s’occuper de la consultation publique pour faire entendre l’opinion et les inquiétudes des citoyens, car c’est au cœur des décisions qui vont être prises dans l’avenir », conclut celui qui est également maire de Baie-Johan-Beetz, précisant qu’aucune décision n’est imminente du côté de la MRC de Minganie.

La mairesse de L’Île-d’Anticosti, Hélène Boulanger, a refusé notre demande d’entrevue, indiquant qu’elle rencontrera d’abord le conseil municipal avant de se prononcer publiquement.

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