Les revenus portuaires en forte hausse

Par Jean-Philippe Thibault 12:15 PM - 6 août 2026
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Les revenus au quai de Gaspé ont augmenté de 35 % en un an. Photo Jean-Philippe Thibault

Malgré l’économie fortement imbriquée entre le Canada et les États-Unis et le bras de fer commercial entre les deux protagonistes, les affaires de la Société portuaire n’ont pas trop souffert. Au contraire.

Les revenus sont en hausse de 30 % en un an pour la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (SPBSG). La barre symbolique des 3 millions de dollars a même été franchie (3,2 M$) pour les cinq ports sous sa gestion, soit ceux de Gros-Cacouna, Rimouski, Matane, Gaspé et Percé.

Les frais d’exploitation pour le siège social et les ports sont maintenant couverts par leurs activités. La prochaine étape est d’atteindre les 4 millions en revenus d’ici 2031 pour également être autonome dans l’entretien des ports.

Dans la dernière année financière (qui se terminait au 31 mars), le volume transbordé en tonnes métriques a reculé de 11 %, ce qui s’explique en partie par la plus faible densité volumique des composantes éoliennes comparativement à du sable ou du gravier, par exemple. Les frais de quayage, eux, ont augmenté de 40 %.

« On a connu une excellente année, se réjouit la directrice générale de la Société, Anne Dupéré. D’autant plus considérant le contexte mondial qui affecte le transport maritime et l’ensemble de la chaîne logistique. Dans ce contexte, on a tiré notre épingle du jeu. Le port est par ailleurs en lien avec l’activité économique de chaque collectivité, ce qui démontre qu’elles ont bien su se débrouiller. »

La Société portuaire a depuis peu sous son aile le port de Percé. Photo Jean-Philippe Thibault

Gaspé

À l’image de l’ensemble du réseau, les revenus ont été en hausse de 35 % en un an au port de Gaspé, pour atteindre 850 000 $ contre 629 000 $ un an plus tôt. Les produits pétroliers demeurent les marchandises les plus transbordées, Valero ayant un terminal tout près. Le sel arrive second et les composantes d’éoliennes troisièmes.

« Ç’a été une excellente année, confirme Anne Dupéré. Le transport des pales a connu une hausse, ce à quoi on ne s’attendait pas. C’est aussi le port le plus utilisé par la Garde côtière canadienne pour le changement d’équipage et se ravitailler. »

Le port de Sandy Beach a accueilli plus de 40 fois leurs navires l’an dernier. Le Chantier Naval Forillon vient aussi faire l’essai de ses nouvelles créations au quai.

La démolition d’un ancien hangar désaffecté a aussi permis d’ajouter une superficie de 2350 m2. Cet espace va servir pour l’entreposage de marchandises en transit lié au transport maritime. Une troisième phase 3 est prévue cette année.

Percé

Depuis peu, la SPBSL a sous son aile le quai de Percé. Elle en assure la gestion, même si sa vocation est touristique. Le maître de quai œuvre maintenant pour l’organisation.

Concrètement, d’importants travaux ont été effectués, comme la mise à niveau de 25 pontons flottants, des travaux préparatoires au dragage du printemps et l’installation de caméras.

« On peut maintenant filmer à longueur d’année, surtout l’hiver quand il y a des tempêtes. Sinon, on gère beaucoup la faune humaine. Par exemple, on a interdit la pêche parce que les gens pêchaient sur les roches. C’est une question de sécurité et d’assurance. On l’a vu récemment avec les deux personnes décédées à Marsoui. Il y a eu quelques réactions, mais généralement les gens comprennent. »

La directrice générale de la Société, Anne Dupéré. Photo Jean-Philippe Thibault

Matane

Le quai de Matane arrive à la fin de sa vie utile, prévue en 2033. Pas surprenant dans les circonstances où le volume de marchandises chargées et déchargées a diminué de 36 % en un an. Les revenus ont quant à eux diminué de 20 %.

L’effet combiné des fluctuations du marché, de l’état de dégradation avancé de l’infrastructure et du manque d’espace d’entreposage limite le transbordement de plusieurs types de marchandises, précise la SPBSL dans son rapport annuel.

« Au niveau des charges qui peuvent être transportées, on est très limités tant que sa reconstruction ne sera pas faite, résume Anne Dupéré. Il y a beaucoup de types de transport qu’on ne peut pas prendre. »

Les produits qui transitent par Matane sont la pâte de bois, la silice, le sable en provenance des Îles-de-la-Madeleine, le bitume, les modules de maison et bâtiments divers fabriqués pour le Grand Nord et le sel de déglaçage.

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