Le cycliste de Gaspé Pier-André Côté vient d’enregistrer une sixième position au Tour du Danemark. Un excellent résultat, mais surtout, de son propre aveu, quelque peu inattendu puisqu’il a récemment combattu une maladie que l’a laissé sur le carreau plusieurs semaines, après un début de saison prometteur.
« C’était un peu inespéré considérant que j’ai eu un virus inconnu en avril qui m’a écarté du vélo pendant un bon mois. J’étais un peu en mode survie, à peine capable de pédaler une heure ou deux. J’ai perdu un bon cinq semaines. Un trou comme ça dans l’entraînement, ça m’a suivi jusqu’à la mi-saison », explique-t-il en entrevue avec Le Pharillon, en direct de Andorre-la-Vieille où il réside la majeure partie de l’année.
Le Québécois a retrouvé la forme à temps pour le Championnat canadien de cyclisme sur route qui se tenait en juin en Beauce, où il a récolté une troisième place au contre-la-montre. Mais rien n’était encore joué pour les épreuves à venir de retour sur le continent européen.
« J’ai eu ensuite quatre semaines d’entraînement. C’est bien, mais je ne m’attendais pas à des miracles non plus. Sur papier, j’étais loin d’un pic de forme. Je m’attendais à être capable de faire un bon rôle de support pour mon coéquipier Riley Sheenan, mais j’avais le ok de l’équipe d’être agressif. Dès la première étape au Danemark, je me suis rendu compte que j’étais vraiment bien ; j’étais capable de bien bouger dans le peloton avec un bon timing. J’ai attaqué à la fin de l’étape et j’avais encore les jambes. »
Il finira 5e de cette première de cinq étapes, ce qui réorientera complètement la stratégie de l’équipe vers le cycliste canadien. À la troisième étape, il signera le 7e temps, consolidant sa position au classement général. « Il y avait beaucoup de montées avec 3000 m de dénivelé. Ça s’est vraiment fait à la dure et à partir de là ç’a été de sécuriser la position. Honnêtement, je suis agréablement surpris de faire un top 10. »

Bon départ
L’année avait également bien commencé. En mars, son travail lors de la dernière étape du Tour de Catalogne a permis à son coéquipier chez NSN de remporter la victoire. Dans le milieu, cette compétition est souvent considérée comme la plus difficile après le Tour de France, le Giro d’Italie et la Vuelta d’Espagne.
Pier-André Côté a de plus fait bonne impression pour une course considérée comme locale, puisque plusieurs commanditaires de l’équipe sont espagnols et étaient présents sur place (dont l’ex-football Andrés Iniesta du FC Barcelone).
« C’était une course vraiment importante pour l’équipe et on est allés chercher deux victoires [ndlr : sur sept étapes]. J’ai été super utile parce que c’est important d’être bien positionné pour les arrivées au sprint. C’est le travail des coéquipiers d’aller prendre du vent et de faire de l’effort à l’avant, pour bien positionner ton leader. C’est le genre de travail que je faisais en Catalogne et ç’a permis d’aller chercher deux victoires, ce qui était un succès sur toute la ligne pour notre équipe dans une course de cette envergure. »
C’est malheureusement suite à ce tour que le virus l’a foudroyé, mais cette récente performance est de bon augure pour la suite des choses. À court terme, les prochains défis sont la Cyclassics Hamburg, le Renewi Tour (Belgique/Pays-Bas) et la Bretagne Classic, avant des arrêts à Québec et Montréal. Pas mal pour celui qui est parti de Gaspé à l’âge de 12 ans et qui a commencé pour bien des jeunes une carrière d’hockeyeur, avant de bifurquer vers le cyclisme avec le club local de Lévis. Et clairement, il n’a pas fini d’engloutir les kilomètres.
« Ma vie est consommée par le vélo, mais je suis passionné. J’adore les courses ; de trouver une façon de la gagner que ce soit avec moi ou en supportant quelqu’un d’autre ; de prendre les bonnes décisions et les bons coups. C’est très différent d’un sport d’équipe traditionnel puisqu’au final, il n’y a qu’un gagnant sur 200 coureurs. Les victoires sont d’autant plus rares. Le sentiment de récompense est encore plus élevé. J’aime aussi qu’avec le travail viennent les résultats. La corrélation est haute entre les deux – sommeil, alimentation, entraînement – comparativement à d’autres sports où le talent fait parfois foi de tout. Je sais que, si je travaille plus fort que les autres, je vais forcément gagner un avantage. Si le corps suit, j’aimerais ça faire encore de 5 à 8 ans. »
On lui souhaite.
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