À Tourelle

Le projet de pêche collective avance

Par Johanne Fournier 11:10 AM - 1 août 2026
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Le projet pilote de pêche collective au homard à retombées communautaires de Tourelle avance étape par étape. Photo Johanne Fournier

Depuis 2024, l’Association des pêcheurs côtiers de Saint-Joachim-de-Tourelle travaille à la mise sur pied d’un projet pilote de pêche collective au homard à retombées communautaires. Menée en collaboration avec l’Université Laval, l’Université du Québec à Rimouski et l’Institut de recherche en économie contemporaine, l’initiative se poursuit.

« Ça avance, confirme Charlotte Cloutier, professionnelle de recherche à l’Université Laval et coordonnatrice du projet. On n’a pas le permis en poche encore, mais c’est sur la route. »

Depuis novembre, trois ateliers ont réuni les pêcheurs pour définir la structure organisationnelle à venir, qui prendra la forme d’un organisme à but non lucratif ou d’une coopérative. Les pêcheurs y seront majoritaires, mais des représentants de la MRC et du milieu de la transformation y siégeront aussi. Un document doit être déposé au ministère des Pêches et des Océans du Canada à la fin de l’été ou au début de l’automne.

Recherche et savoirs

Le volet scientifique du projet mobilise plusieurs étudiants. L’un d’eux analyse le contenu d’estomacs de homards par des méthodes d’ADN pour mieux comprendre l’écosystème dont dépend l’espèce, tandis qu’une autre étudiante suit les déplacements des homards grâce à la télémétrie acoustique, une technologie qui pourrait éclairer l’énigme de l’abondance croissante de l’espèce, observée jusqu’à Rimouski et même Trois-Pistoles.

L’équipe s’intéresse aussi à la manière dont les savoirs scientifiques et ceux des pêcheurs peuvent être mis en commun. Selon Charlotte Cloutier, il s’agit d’une approche encore peu répandue dans la recherche.

Yannick Ouellet de la MRC de La Haute-Gaspésie et Charlotte Cloutier de l’Université Laval collaborent au projet avec l’Association des pêcheurs côtiers de Saint-Joachim-de-Tourelle. Photo Johanne Fournier

Vocation sociale

Le cœur du projet demeure la dimension communautaire. « Il y aura une partie significative des profits de cette pêche collective qui sera directement réinvestie », précise la biologiste, que ce soit pour des infrastructures locales, des projets scolaires ou autres. Actuellement, huit pêcheurs participent à la démarche. Mais, rien ne garantit qu’ils seront les bénéficiaires du futur permis collectif. La priorité ira plutôt à ceux qui n’ont pas obtenu de permis exploratoire lors du tirage au sort.

À ce jour, seuls Jonathan Dupuis et David Labrie détiennent un tel permis à Tourelle, limité à 100 casiers. Une troisième phase d’attribution, prévue l’an prochain, devrait ajouter au moins trois nouveaux permis.

Un projet mieux compris

Du côté de la MRC de La Haute-Gaspésie, le conseiller en développement économique – filière bioalimentaire observe une évolution des mentalités. « Il y a deux ans, tout le monde nous disait que ça ne se ferait pas parce qu’on ne comprenait pas », se souvient Yannick Ouellet. Selon lui, l’industrie perçoit aujourd’hui le projet comme complémentaire plutôt que menaçant.

Notamment financé par le programme Dialogue du Fonds de recherche du Québec, le projet se fait aussi connaître autrement : une bande dessinée retraçant son histoire est en préparation avec l’illustrateur Martin PM et une exposition de photos a circulé dans des universités québécoises.

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