Une fraude amoureuse de près de 200 000 $
L'homme avait plaidé coupable en juin 2025. Photo Jean-Philippe Thibault
La Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC) a refusé la demande de Claudel Côté.
L’homme de 57 ans de Rivière-au-Renard purge depuis le 1er avril une peine de 588 jours pour fraude dans une affaire de fausse relation amoureuse à distance destinée à soutirer de l’argent à sa victime. Il avait plaidé coupable en juin 2025.
Les faits se sont produits entre 2018 et 2024. Durant cette période, Claudel Côté a reçu une somme de près de 32 000 $ par transfert bancaire. La plaignante dans ce dossier retirait de l’argent au guichet automatique pour lui transférer. L’homme a également touché pas moins de 642 virements Interac de la part de la victime. Au total, il lui a soutiré près de 200 000 $.
Le pot aux roses a été découvert par la famille de la victime en février 2023 lorsque celle-ci est tombée gravement malade. Les deux se sont rencontrés sur un site de rencontre, lui « pour jaser et passer le temps », a-t-il expliqué à la Commission québécoise des libérations conditionnelles (CQLC). Elle, cependant, voulait aller plus loin dans la relation.
En rappel
En arrêt de travail depuis 2013 à la suite d’un accident, Claudel Côté est depuis ce moment isolé, explique la Commission québécoise des libérations conditionnelles, qui précise qu’il s’agit de l’élément déclencheur de ses dépendances et de ses inconduites. En 2015, pour s’évader de sa réalité, il commence à s’adonner aux jeux de hasard en ligne.
Cette accoutumance quotidienne est devenue plus importante en 2018. L’homme commence alors à éprouver des difficultés financières pour soutenir sa dépendance.
« Vous avez alors commencé à utiliser les médias sociaux, note la commissaire dans sa décision. C’est ainsi que vous avez rencontré une personne, qui est devenue la cible de vos intentions malveillantes, et ce, rapidement après vos premiers contacts. »
Pour la demande de libération conditionnelle, qui peut être faite après avoir purgé un sixième de la peine, les Services correctionnels du Québec ont procédé à une évaluation de l’homme afin d’établir le risque de récidive, le potentiel de réinsertion sociale, les besoins et le niveau d’encadrement requis.
« Les niveaux de risque et d’encadrement requis sont faibles », analyse l’organisation. La recommandation de son agent titulaire est aussi favorable. Depuis son arrestation de 2023, hormis une rechute, les jeux de hasard ont été mis de côté.
Cependant, la Commission souligne que les éléments négatifs sont plus déterminants que les éléments positifs.
« Ainsi, dans un contexte de précarité financière causée par votre dépendance aux jeux, vous avez profité, de manière opportune, de la vulnérabilité de la personne victime en la manipulant de manière à lui soutirer une somme d’argent considérable, et ce, pendant cinq ans. Les impacts d’une telle fraude sous fond amoureux peuvent être importants et variés. »
La CQLC est aussi d’avis que l’homme a témoigné « d’un manque éloquent d’empathie envers la victime » et qu’il aura fallu l’incarcération pour l’amorce d’une remise en question. « Les regrets sont apparus à ce moment, ce qui s’avère récent. Votre réflexion est peu développée », résume la commissaire pour motiver sa décision de refus de libération conditionnelle. La réflexion se poursuivra donc en établissement.
Dans cette affaire, le tribunal a prononcé une ordonnance de remboursement d’un peu plus de 218 000 $, qui devra être acquittée d’ici 2038.
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