Fermeture de l’usine de Cap-Chat

Par Johanne Fournier 8:55 AM - 25 juillet 2026
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Damabois a annoncé l'arrêt indéterminé des activités de sa deuxième usine de sciage de Cap-Chat. Photo Johanne Fournier

Le 22 juillet, le groupe Damabois a annoncé l’arrêt indéterminé des opérations de sa deuxième usine de sciage de Cap-Chat, la dernière qui était encore en activité. Il s’agit de la quatrième fermeture en quelques mois pour l’entreprise, plongée dans une crise de liquidités liée aux mesures de protection du caribou imposées par Québec depuis 2023 en Haute-Gaspésie.

Depuis ce temps, aucune récolte n’est permise sur 90 % du territoire d’approvisionnement traditionnel de Damabois, générant des coûts supplémentaires évalués à 10 millions $. Une rencontre tenue le 10 juillet à Matane avec le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Bernard Drainville, jugée « positive » par les dirigeants, n’a débouché sur aucun engagement financier concret. Les solutions envisagées avec le ministère ne pourront se concrétiser avant novembre.

« Triste journée »

Lors de l’annonce à son usine de Cap-Chat devant des dizaines d’élus et de citoyens, dont certains venus de Saint-Damase, le président de Damabois a qualifié cette nouvelle fermeture de « triste journée » pour ses employés et leur famille.

Martin Lavoie réclame une intervention rapide de la ministre des Ressources naturelles et des Forêts. « Je demande une rencontre avec Mme Kateri Champagne Jourdain. Je l’invite à venir constater, sur le terrain, les conséquences des mesures sur nos travailleurs, nos entreprises, nos communautés. Il est encore possible de trouver des solutions, mais il faut agir maintenant et rapidement. »

Selon lui, les pertes financières découlant de la fermeture des trois usines de Cap-Chat et de Saint-Damase atteignent entre 25 et 30 millions $. Pour La Haute-Gaspésie, une cinquantaine d’emplois ont ainsi disparu en trois semaines.

Lors de l’annonce de fermeture de sa deuxième usine de Cap-Chat, le président de Damabois, Martin Lavoie (au micro), était entouré du député Pascal Bérubé, du préfet Sylvain Tanguay et de la mairesse Marie-Ève Godbout. Photo Johanne Fournier

Communauté mobilisée

La mairesse de Cap-Chat s’est dite bouleversée par une fermeture qui pourrait, selon elle, « changer le décor de Cap-Chat à tout jamais ». Marie-Ève Godbout a rappelé que Damabois avait pourtant présenté un plan tenant compte des enjeux de conservation, mais qui est resté sans réponse satisfaisante.

De son côté, le préfet de La Haute-Gaspésie a dénoncé un sentiment d’abandon persistant. « On se sent oublié depuis plusieurs années, a exprimé Sylvain Tanguay. On n’a pas obtenu de réponse à toutes les demandes que l’on a faites de façon répétée. »

Élus provinciaux et fédéraux interpellés

Le député de Matane-Matapédia-Mitis a rappelé qu’il a organisé la rencontre avec le ministre Drainville et qu’il multiplie les démarches. « Le temps est compté et l’avenir de Damabois est en jeu », a laissé tomber Pascal Bérubé.

Du côté fédéral, le député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj a dénoncé des programmes d’aide inaccessibles aux entreprises en difficulté. Alexis Deschênes a rappelé que Damabois avait investi 30 millions $ pour moderniser son usine de Cap-Chat.

Le représentant national d’Unifor pour l’Est-du-Québec, Martin Dugas, a dit craindre un effet domino sur toute la filière régionale, notamment pour des entreprises comme Sappi à Matane et Uniboard à Sayabec.

Damabois possède onze usines, dont neuf au Québec. L’entreprise compte 240 employés au total. Les activités de transformation de palettes, de bûches et de thermoformage ne sont pas touchées par la crise actuelle.

Il était important, pour Marie-Chantal Perron, de prendre part au “cri du coeur” des gens de Cap-Chat. Photo Johanne Fournier

Cri du cœur de Marie-Chantal Perron

La comédienne Marie-Chantal Perron a tenu à être présente lors de l’annonce de la fermeture de la deuxième usine de Damabois à Cap-Chat. « Je ne connaissais pas l’entreprise du tout, mais j’ai vu que les gens étaient vraiment affectés par ça », explique la résidente de Cap-Chat, ajoutant avoir assisté à « un cri du cœur ».

Selon l’artiste, les gouvernements doivent entendre les compagnies forestières, précisant que l’enjeu « n’est pas contre les caribous ». Elle craint les conséquences sur la municipalité. « Ça change le visage de Cap-Chat dans une économie déjà fragile », dit-elle.

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