Festival Les Percéides

La prochaine édition toujours menacée

Par Johanne Fournier 1:57 PM - 23 juillet 2026
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Le 18e Festival international de cinéma et d'art Les Percéides pourrait être compromis par une crise interne et des incertitudes financières majeures. Photo Jean-Philippe Thibault

Le 18Festival international de cinéma et d’art Les Percéides, prévu du 19 au 23 août à Percé, traverse une période de conflits internes qui pourrait compromettre la tenue de l’événement. L’obstacle majeur : la suspension d’une importante aide financière de la SODEC.

Depuis janvier, c’est le président du conseil d’administration qui assume la direction générale par intérim, une situation survenue après la démission en février du fondateur et directeur général, François Cormier. Quatre femmes du milieu, Esther Bourdages, Cécile Martin, Marcelle Lean et Judith Bélanger, dénoncent leur exclusion des décisions stratégiques et réclament un processus de gouvernance indépendant.

Judith Bélanger affirme avoir tenté, sans succès, de siéger au conseil d’administration. Selon elle, sa candidature aurait été rejetée sans justification claire, malgré deux postes vacants. Elle a aussi envoyé, avec les autres, une lettre au ministère fédéral du Logement, de l’Infrastructure et des Collectivités pour demander la mise sous tutelle de l’organisme. « On demande la démission de Benoît Pilon et des deux autres membres du conseil d’administration, indique la femme d’affaires à la retraite de Chandler, lors d’une entrevue avec Le Pharillon. On pense que c’est la seule issue à ce stade-ci. »

Elle ajoute que 72 lettres ont aussi été envoyées à divers bailleurs de fonds, dont la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), Téléfilm Canada ainsi que le Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) pour signaler la situation.

Le fondateur et directeur général démissionnaire, François Cormier, en compagnie du président et directeur général par intérim du festival Les Percéides, Benoît S. Pilon. Photo Jean-Philippe Thibault

Une clique d’amis, selon Benoît Pilon

Joint par Le Pharillon, Benoît Pilon rejette catégoriquement l’idée d’une crise de gouvernance et parle plutôt d’une enquête interne portant sur des irrégularités financières attribuées à l’ancienne direction générale. Il affirme que François Cormier avait d’abord été suspendu à la suite d’une plainte à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) pour harcèlement psychologique, avant de démissionner en février.

« Il n’y a pas de crise, insiste le président du conseil d’administration et directeur général par intérim. Il y a seulement des personnes qui font l’objet d’une enquête interne qui qualifient ça de crise de gouvernance. »

Il nie avoir écarté les femmes de l’organisation pour des raisons misogynes comme avancées par Mme Bélanger, rappelant que son équipe d’employés compte autant d’hommes que de femmes. Il qualifie les signataires des lettres envoyées aux bailleurs de fonds de « clique d’amis ».

Un festival financièrement fragilisé

La SODEC retient actuellement 91 000 $ destinés à la tenue du prochain festival, une décision que M. Pilon qualifie de « coup dur ». Pour compenser, une campagne de sociofinancement sera lancée auprès des citoyens, des commerçants et des organismes de la région. Le maire de Percé a déjà versé 6000 $ à titre personnel.

Interrogé sur l’issue de la crise, Benoît Pilon reste prudent. « Est-ce qu’on va réussir ? Sincèrement, je ne sais pas. » De l’avis de Judith Bélanger, le sort de la Grande Rencontre des arts médiatiques en Gaspésie, administrée par le même conseil, serait également en jeu. Toujours selon elle, ses activités sont suspendues depuis plusieurs mois.

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