Le ministère de la Faune peut suivre en continu les 7 caribous remis en liberté en juin grâce notamment à un collier télémétrique qui transmet des données précieuses sur leur déplacement dans cette phase de réadaptation à la nature sauvage.
Plusieurs facteurs ont amené le ministère à relâcher certains individus plutôt que d’autres. « Ce sont des paramètres d’état de santé : ils doivent être en bonne condition physique ou ne pas avoir des conditions particulières qui limiteraient leur chance de survie. Les très jeunes – de moins d’un an et demi – ne sont pas ciblés de facto ou des individus dans l’âge où leur reproduction est à leur optimal », explique le biologiste Mathieu Morin au Pharillon.
Un autre critère – et il est important – c’est leur expérience de la nature sauvage. « La plupart des animaux issus de la première cohorte sont nés dans la nature et on mise sur leur connaissance du milieu naturel pour le transmettre à des individus qui seraient nés en captivité. »
Des critères opérationnels comme la capacité de l’enclos sont aussi considérés dans l’évaluation. La grande question qui reste à élucider est la capacité de ceux qui sont nés dans la nature à retrouver leur site d’origine.
« C’est la partie inconnue de l’équation, analyse le biologiste. On mise sur l’effet de groupe et les expérimentés pour guider les individus qui ne connaissent pas le terrain. Mais tout est hypothétique alors qu’on n’a aucune assurance que le groupe va rester ensemble ou quelle vitesse ils vont rejoindre les individus en nature ou non. Ils pourraient décider de coloniser d’autres types d’habitats. C’est ce qu’on cherche à documenter avec le suivi télémétrique qui a été bonifié pour les suivre de plus près. »
Découvrir leur habitat
Les individus avaient été capturés par hélicoptère pour les amener dans leur enclos à des fins de survie et de reproduction à l’hiver 2023. Ce retour dans leur milieu naturel héliporté a été analysé.
« Ces éléments ont été considérés, ajoute Mathieu Morin. Mais il a été décidé de les libérer à même l’enclos en considérant qu’ils sont à proximité des habitats d’été connus, comme le sommet du mont Jacques-Cartier où le reste de la population a l’habitude d’utiliser pendant l’été. À vol d’oiseau, c’est à proximité. Il faut leur laisser l’opportunité de découvrir le terrain autour. Mais on n’a pas la certitude de voir s’ils vont retrouver le groupe. »
Rappelons qu’au début du mois de juin, le ministère a relâché sept caribous, soit une femelle et six mâles. L’un des mâles et la femelle adulte relâchés sont nés en nature.
Les sept sont munis de colliers télémétriques pour suivre leurs déplacements. Cette remise en liberté vise à soutenir la population en nature et de maintenir une taille optimale de la population captive à des fins de reproduction.
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