Un requin blanc au large de Gaspé

Par Jean-Philippe Thibault 11:18 AM - 20 juillet 2026
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Cross se situe actuellement quelque part au large de Rivière-au-Renard. Photo Ocearch

Cross, un requin blanc mâle faisant plus de 9 pieds, a été géolocalisé ce dimanche 19 juillet tard en fin de journée au large de Rivière-au-Renard.

Sa balise émettrice a été captée vers 23 h 47. Ce requin d’âge juvénile de 377 lb est suivi depuis octobre l’an dernier. Il a été catalogué dans les eaux de la Nouvelle-Écosse et l’équipe de Ocearch espère ainsi mieux comprendre comment les grands requins blancs fréquentent les eaux côtières du Canada atlantique ; qu’ils y soient de passage lors de leur migration ou qu’ils y séjournent pour se nourrir et grandir.

Un autre mâle, Ripple, a été localisé tout juste à l’ouest des Îles-de-la-Madeleine samedi. Celui-ci fait 11 pi et 6 pouces et pèse 778 lb. Une femelle, Bella, se retrouve également dans les eaux du Saint-Laurent entre les Îles-de-la-Madeleine et l’île d’Anticosti.

Présence fascinante

Ces apparitions ne sont pas exceptionnelles, mais leur suivi en direct permettant de les localiser demeure toujours intéressant tant pour le public que les scientifiques.

L’an dernier, l’observation de requins blancs avait été particulièrement prolifique. Le 2 août, par exemple, un plongeur avait fait une rencontre inopinée aux Îles-de-la-Madeleine. L’Observatoire des requins du Saint-Laurent (ORS) notait qu’il s’agissait fort probablement de la première interaction non provoquée dans les eaux du Québec entre un plongeur et un requin blanc.

Le 30 août, un mâle baptisé Dold avait été localisé au large de Cap-Chat, à environ 35 km de la ligne reliant Pointe-des-Monts sur la Côte-Nord à la péninsule gaspésienne, une frontière généralement considérée comme la limite de l’estuaire du Saint-Laurent.

Le tout constituait la présence vérifiée la plus en amont dans le Saint-Laurent depuis plus de 70 ans, toujours selon l’ORS. Le dernier requin blanc confirmé à l’intérieur de l’estuaire avait été capturé à Rivière-Portneuf en 1949.

« Bien qu’il soit impossible de dire si le requin entrait dans l’estuaire ou en sortait, c’est l’observation vérifiée la plus en amont dans le Saint-Laurent depuis plus de 70 ans, expliquait alors Jeffrey Gallant, directeur scientifique de l’ORS. Les preuves issues des détections modernes au cours de la dernière décennie et des dents anciennes suggèrent que le requin blanc fréquentait ces eaux bien avant l’avènement des changements climatiques accélérés, et si leur population continue de croître, il est probable que les incursions dans l’estuaire deviennent plus fréquentes. »

Il précisait que, si cette détection présente un intérêt scientifique, elle ne constitue pas en soi un événement important ou exceptionnel.

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