Les coulisses des cinémas

Par Nayeli Chavez 11:40 AM - 20 juillet 2026
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La salle accueille aussi Le Festival les Percéides, en août. Photo Cynthia Dupuis photographe

Alors que dans les grandes villes certains se demandent quels films ils iront voir cette semaine, ceux qui se trouvent en Gaspésie doivent plutôt sauter sur l’occasion pour visionner François.e ou Les Minions et les Monstres. Découvrez les coulisses des films à l’affiche des cinémas de quelques salles.

Ce soir, Sylvain et sa femme sont allés voir François.e au Cinéma Figaro d’Amqui. « On a réussi à le voir de justesse. On a trouvé que ce n’était pas long une semaine, s’étonne la dame. D’un autre côté, il faut y aller avec l’offre et la demande. »

Effectivement, c’est ce qu’explique Élodie Loiselle, employée du cinéma. Un film à succès reste disponible plus longtemps. « Habituellement il est là minimum deux semaines. » De plus, un film très demandé a plus de chance de se retrouver dans leur succursale, mais rien ne garantit qu’il le sera dès sa sortie. « Pour L’Odyssée, étant donné qu’il y a beaucoup de productions qui sortent en juillet, on va l’avoir juste deux semaines après sa sortie. » C’est ce qu’on appelle diffuser le film en move-over.

Pour sa part, le cinéma Le Cube, à Gaspé, possède une seule salle. Il présente souvent ses films en move-over, puisqu’il y a une rotation, mentionne Pascal Denis, directeur général de l’Hôtel Baker. Le cinéma et l’hôtel partagent le même bâtiment. « En moyenne, nos films sont là durant une semaine. Par contre, quand on présente un film dès sa sortie, on est lié avec le distributeur par un contrat. » Il est alors obligé de garder l’œuvre durant deux à quatre semaines. 

« Les gens à Gaspé peuvent trouver ça long, mais c’est le prix à payer pour avoir un film aussi grand », avoue M. Denis. Même si les choix à faire sont difficiles, il assure essayer de faire plaisir à tout le monde. 

Le film Moana a connu moins de succès que prévu, pense Élodie Loiselle, employée au cinéma Figaro. Photo Nayeli Chavez

Les redevances

Maintenant que les ventes sont générées, Pascal Denis explique qu’il faut verser un certain pourcentage aux distributeurs. « Ça dépend si le film est diffusé à sa sortie ou en move-on, mais le pourcentage varie entre 35 % et 60 %. » Donc, la plus grande source de revenus d’un cinéma devient la cantine. « Quand les gens se disent que le prix du maïs soufflé est cher, il faut comprendre que la salle se rentabilise presque qu’avec ça. » 

Pour les distributeurs québécois, les pourcentages demandés varient d’une entreprise à l’autre. « Une entreprise pourrait te demander 50 % des chiffres obtenus au box-office, explique le directeur de programmation du festival de cinéma Les Percéides, Guillaume Whalen. Donc, si tu fais 1 500 $, tu vas devoir donner 750 $ au distributeur. » 

Donner un second souffle

À Percé, le fonctionnement est différent. En fait, Guillaume Whalen mentionne que leur salle de cinéma de 45 places présente des films d’auteur essentiellement québécois, qui ont déjà connu leur succès dans les salles des grandes villes. 

Cette année, le cinéma a diffusé de plus vieux films, dont les pellicules ont été restaurées. « On le sait que les gens vont moins en salle qu’avant, déplore M. Whalen. En plus, pour nous c’est plus difficile, parce qu’on ne peut pas présenter les nouveautés. » Cependant, M. Whalen affirme que le public comprend la mission du cinéma. Par ailleurs, les cinémas commerciaux ont priorité sur certaines réalisations, comme 125, rue des Malaises de Denise Robert et François.e de Jean-François Asselin. 

Du côté de la durée des films à l’affiche, Guillaume Whalen décide de présenter les films à quelques reprises durant plusieurs semaines. « Avec les touristes, ça bouge beaucoup et ça permet de faire plus de roulement. Ceux qui ne sont pas disponibles à ce moment-là peuvent venir à un autre. » Cette stratégie permet de créer de l’engouement autour d’un film, d’après lui.

Donc, contrairement aux cinémas de Matane et Amqui, la salle de Percé décide elle-même combien de temps l’œuvre est disponible, « jusqu’à ce qu’elle s’essouffle. »

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