Programmes gouvernementaux

Québec annonce la fin du mur à mur

Par Nelson Sergerie 11:34 AM - 17 juillet 2026 Initiative de journalisme local
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Le ministre délégué aux Régions, Mathieu Lévesque Photo Nelson Sergerie

C’est la fin du mur à mur dans la conception des programmes gouvernementaux, annonce la CAQ. Le refrain a toutefois été repris à plusieurs reprises par les différents gouvernements qui se sont succédé à Québec au fil des ans. 

Le gouvernement Fréchette a élaboré une directive gouvernementale visant à intégrer de façon systématique les réalités territoriales dans la conception des programmes. Le but : faire des régions un véritable réflexe dans les décisions publiques.

« Ce que les partenaires régionaux nous disent, c’est que certaines directives, orientations ou certains programmes sont mal adaptés ou ne répondent pas aux besoins spécifiques d’une ou des régions. On veut mettre fin au mur à mur des orientations prises par Québec et on veut que ça vienne des régions », avance le ministre délégué aux Régions, Mathieu Lévesque, en entrevue avec Le Pharillon.

Les conférences administratives régionales seront au cœur de cette démarche, explique la CAQ. Les recommandations seront faites d’ici octobre. Le ministre Lévesque assure que cette fois-ci sera la bonne.

« Mme Fréchette a clairement mis la parole aux actes. Elle a d’abord nommé un ministre délégué aux Régions. Elle a formé avec moi un Conseil des régions avec des adjoints gouvernementaux en disant qu’on va rapprocher le pouvoir des régions, puisque c’était une de leurs demandes. C’est le signal que Mme Fréchette veut envoyer. »

Le député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix, siège d’ailleurs sur ce Conseil des régions. Un exemple de ce que pourrait faire cette nouvelle vision : l’application du défunt programme FAIR dédié exclusivement de la Gaspésie avec ses critères propres et un financement conséquent.

« La Conférence administrative régionale de la Gaspésie pourra suggérer ce type de programme. L’objectif, c’est la flexibilité des programmes qui reflètent la réalité du territoire », avance Mathieu Lévesque en mentionnant des critères comme la densité de la population, l’indice de dévitalisation ou les coûts de transports.

La paperasse sera aussi réduite, assure-t-il; une autre promesse faite depuis longtemps. « Dans mes tournées régionales, beaucoup d’intervenants me disent que c’est très lourd administrativement, ce qui est un frein pour faire des demandes dans les différents programmes. Ça peut faire partie des propositions et solutions que les Conférences administratives régionales peuvent nous faire. »

Le président de la Table des préfets de la Gaspésie, Mathieu Lapointe Photo Jean-Philippe Thibault

Un accueil positif… et sarcastique

La nouvelle a été accueillie avec un brin de scepticisme chez les élus régionaux.

« Je ne veux pas tomber dans le sarcasme, mais, chaque fois qu’on approche d’une campagne électorale, tous les partis politiques deviennent régionalistes, analyse le maire de Gaspé, Daniel Côté, qui ne souhaite pas faire de politique partisane sur cet enjeu. Ce n’est pas surprenant. Ceci étant, il faut que ça se réalise à un moment donné : régionaliser les programmes et décentraliser les pouvoirs vers les régions. C’est ce qu’on réclame depuis tout le temps. »

Idem à l’ouest chez son homologue de Carleton-sur-Mer et président de la Table des préfets de la Gaspésie, Mathieu Lapointe. « On le demande depuis des années. C’est ce qu’on souhaite : que Québec aille consulter les régions pour s’assurer que ça colle à la réalité du terrain et il faut le faire pour tous les programmes et réviser les programmes existants. »

Même si Québec part avec une bonne intention, les programmes ne cadrent parfois pas avec les réalités régionales ou les distances, ce qui amène le gouvernement à les revoir, précise l’élu.

« Tout ça est contre-productif. Consultons les régions d’abord et après, on verra comment l’appliquer. On a des dizaines d’exemples de programmes qui ne sont pas adaptés à nos réalités », dit celui qui est aussi préfet de la MRC d’Avignon.

Mathieu Lapointe cite notamment le remboursement des frais de déplacement en santé alors que la Haute-Gaspésie n’a pas droit au programme, ou encore les enjeux en immigration qui sont différents en Gaspésie face aux grands centres.

« Il faut en tenir compte lorsqu’on bâtit des programmes », conclut le président de la Table des préfets.

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