Après des mois de revendications du milieu des pêches, notamment portées par le Bloc québécois à Ottawa, les gouvernements provincial et fédéral ont annoncé le 17 juillet la reconduction du Fonds des pêches du Québec, bonifié et élargi.
Les discussions avaient été amorcées en mars et un nouvel accord pour sa mise en œuvre avec une enveloppe de 50 millions a finalement été conclu.
Cette somme est en hausse de 17 % par rapport à la première version lancée en 2019 et qui était dotée d’un budget de 42,8 millions. Celle-ci a pris fin le 31 mars dernier.
Cette fois, Ottawa injecte 60 % dans la nouvelle enveloppe, Québec faisant passer sa part de 30 % à 40 %, soit 20 millions de dollars.
« On perçoit à travers cette volonté un indicateur très clair de notre accompagnement, de notre confiance et de la valeur de l’industrie de la capture, de la transformation et de la mise en marché », note le député de Gaspé et adjoint gouvernemental aux Pêches, Stéphane Sainte-Croix.
La part augmentée de Québec – de 30% à 40% – s’inscrit dans un cadre plus large des ententes fédérales-provinciales au niveau du bioalimentaire.
« Il y a un précédent au niveau agricole dans les ententes Québec-Ottawa. Il restait les pêches à harmoniser. De cette façon, on répond favorablement à un historique au financement agricole », explique l’élu.
Outre la recherche, le développement et l’innovation, un volet dédié à l’adaptation aux changements climatiques, mais surtout au développement de nouveaux marchés apparait dans les critères pour soutenir l’industrie des pêches.
« Le milieu nous avait fait part de ses inquiétudes et de ses enjeux. Il y a une réelle volonté d’être moins dépendant de nos voisins du sud. Il y a une réelle volonté d’exploiter de façon plus stratégique des marchés qui nous apparaissent pertinents pour la suite des choses », justifie le député.

Bien accueilli
Le député fédéral de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj et porte-parole du Bloc québécois en matière des Pêches a lutté pour amener Ottawa à remettre en marche le Fonds des pêches du Québec.
« C’est une grande victoire. Le gouvernement libéral de Mark Carney avait promis de le bonifier, mais avait oublié de s’en occuper après l’élection. Au budget de novembre, il n’y avait rien sur le Fonds des pêches. On a mobilisé tout le monde pour ramener le gouvernement à ses devoirs », rappelle Alexis Deschênes.
Une mobilisation s’était notamment faite en novembre dernier à Gaspé, au congrès de l’Association québécoise des industriels de la pêche en janvier, ainsi qu’au congrès du Bloc québécois en mars aux Îles-de-la-Madeleine.
« Toute cette pression mise par les pêcheurs, les industriels et les élus régionaux a permis de forcer le gouvernement fédéral de maintenir sa promesse. C’est ce qui fait qu’en mars on reprenait les négociations et, aujourd’hui, le fonds est renouvelé. On promettait 20 % d’augmentation. On a obtenu 17 % », souligne le bloquiste.
De son côté, Stéphane Sainte-Croix indique n’avoir jamais été inquiet de voir le Fonds des pêches du Québec ne pas être renouvelé. « En Gaspésie, c’est tout un moteur économique et ça l’est encore plus dans les Maritimes. Honnêtement, ça aurait été surprenant que ce ne soit pas reconduit. Ça aurait envoyé un drôle de message à l’industrie. »

Nouveaux marchés
Les 198 projets soutenus avec la première version du fonds ont généré plus de 85 millions d’investissements dans les régions côtières de l’est de la province. L’Association des capitaines propriétaires de la Gaspésie espère encore davantage aujourd’hui.
« Si les retombées économiques représentaient le double des investissements, ce serait le fun de tripler ça cette fois-ci et de développer des projets en collaboration, car je ne connais pas beaucoup d’acteurs qui seuls dans le milieu, sont en mesure d’apporter des changements qui en vaillent la peine », note le directeur général, Claudio Bernatchez.
« Plus de 80 % des produits de la mer de la Gaspésie et des Îles sont envoyés aux États-Unis, rappelle le député de Gaspé. Avec le président actuel aux États-Unis et la guerre commerciale, on se sent un peu trop dépendant. C’est de bon aloi qu’on cherche à diversifier les marchés. Il y a déjà des efforts qui se font, mais ce sont des efforts de longue haleine. Il faut créer des liens de confiance en Europe, en Asie. C’est adéquat et approprié que l’État accompagne le secteur. »
Les nouveaux projets soumis seront acceptés à compter de septembre. Le fonds sera en vigueur jusqu’au 31 mars 2031.
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