Au bord du gouffre ?
La Station de la montagne a ouvert ses portes en juin 2024. Photo Jean-Philippe Thibault
La Station de montagne sur mer, un projet récréotouristique de 6,5 millions $ inauguré à l’été 2024 à Mont-Saint-Pierre, est à l’arrêt complet depuis le début de la saison estivale. La cause : une dette de près de 2 millions $ et un conflit persistant avec la municipalité, à qui la corporation qui gère les infrastructures refuse, pour l’instant, de lui verser les sommes qu’elle lui doit.
Le conseil d’administration de l’organisme responsable du site affirme réclamer, depuis octobre 2024, une clarification des montants facturés par la municipalité. Le président Jean-Sébastien Cloutier nuance toutefois la nature du litige. « On veut comprendre certaines choses par rapport à des loyers, précise le président de la Coopérative de solidarité, de développement touristique, économique et social de Mont-Saint-Pierre. Il y a des montants à clarifier. On a besoin d’une bonne rencontre. »
Du côté municipal, le maire se fait plus laconique. Mais, il se dit quand même prêt à envisager des recours judiciaires. Magella Émond rappelle que la dette de la Coopérative envers la municipalité, qui est de 51 000 $, ne représente qu’une fraction infime de l’endettement total. « Sur 2 millions $ de dettes, ça représente à peu près 2 % qu’ils nous doivent. »

Achalandage bien en deçà des attentes
Selon M. Cloutier, les difficultés financières découlent d’abord d’une fréquentation nettement inférieure aux prévisions du plan d’affaires. « On a eu 25 % de l’achalandage qu’on souhaitait obtenir dans le plan initial en 2024. C’est ce qui a occasionné les problèmes. »
Il souligne que la Coopérative a néanmoins réduit ses frais de fonctionnement de 60 % l’an dernier et qu’elle ne compte actuellement aucun directeur à temps plein, faute de moyens.
Le préfet de La Haute-Gaspésie se dit à l’écoute. « La MRC est là et on a toujours été là », fait savoir Sylvain Tanguay. La MRC a cependant suspendu un prêt de 150 000 $ et une subvention de 60 000 $ déjà annoncés. « On ne peut pas financer des dettes avec de l’argent public, explique l’élu. On attend de voir le plan de redressement. » Il dit aussi attendre que la Coopérative parvienne à mobiliser l’ensemble des partenaires avant d’agir.
Pour sa part, le député de Gaspé se dit dans l’attente d’un scénario final de la part de la Coopérative. Stéphane Sainte-Croix qualifie la situation de « triste », rappelant que le projet est porté par la communauté depuis 20 ans.

Un été décisif
Sans une réouverture d’ici le début août, la Coopérative prévient qu’elle ne disposera plus des liquidités nécessaires pour poursuivre ses activités, ce qui menacera la survie même du site, ses 17 emplois saisonniers et l’investissement collectif de 6,5 millions $. Le conseil d’administration lance donc un appel à la mobilisation générale des partenaires. Pendant ce temps, Jean-Sébastien Cloutier estime qu’une solution est encore possible. « On sait que c’est serré dans le temps, mais on y croit. »
Au moment d’écrire ces lignes, l’avenir de la Station demeurait suspendu à une négociation dont l’issue restait incertaine.
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