L’artiste et entrepreneure culturelle Suzanne Guité (1926-1981) aura son nom à tout jamais gravé parmi les grands. Celle-ci a été désignée comme personnage historique le 14 juillet.
C’est le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, qui en a fait l’annonce officielle, reconnaissant formellement l’apport de la Gaspésienne à la vie culturelle québécoise. Il la désigne comme personnage historique en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel « afin de garder sa mémoire vivante et de favoriser une meilleure connaissance de notre histoire collective. »
Cette consécration arrive seulement trois semaines après l’annonce publique faite le 24 juin au Pic de l’Aurore de Percé par le député de Gaspé, Stéphane Sainte-Croix, à propos de la démarche entamée visant à faire de Suzanne Guité un personnage historique. Elle avait alors reçu à titre posthume une Médaille du Député.
« Cette désignation représente une reconnaissance importante pour Suzanne Guité et pour l’héritage culturel qu’elle nous a légué. Je suis fier d’avoir accompagné cette démarche dans l’objectif de voir l’apport de cette artiste officiellement reconnue. C’est également un moment significatif pour les femmes de la Gaspésie et du Québec. Qu’une femme de chez nous soit désormais reconnue comme personnage historique est une grande source de fierté. »
Rappelons que Suzanne Guité a conçu différentes œuvres d’art public au Québec. Parmi celles-ci, notons une murale de grès (La Justice est l’Espoir de l’Homme) au palais de justice de New Carlisle. Elle a aussi réalisé une sculpture monumentale pour l’Exposition universelle de Montréal de 1967 (Maternité aux jumeaux).
Les motifs
N’est pas désigné personnage historique qui veut. Suzanne Guité côtoiera à tout jamais quelques-uns des plus grands noms de l’histoire québécoise comme que Félix Leclerc, Jeanne Mance ou Louis Cyr.
Pour motiver sa décision, le ministère de la Culture note que la Gaspésienne a joué un rôle déterminant dans le développement des arts et de la vie culturelle au Québec. Elle reçoit d’abord une formation auprès de maîtres renommés à Chicago, Paris, Florence et Mexico.
Avec son mari, le peintre Alberto Tommi, elle fonde en 1956 le Centre d’art de Percé, le deuxième du genre au Québec. Conçu pour favoriser l’épanouissement de talents locaux et rassembler différentes activités culturelles, l’endroit devient rapidement un important lieu de création, de formation et de diffusion artistiques. Il contribue, par son rayonnement qui dépasse largement les frontières de la Gaspésie, à la vitalité culturelle de la région et à l’attractivité de Percé comme destination touristique.
Parallèlement à son engagement institutionnel, Suzanne Guité poursuit son travail de création, où s’allient une grande maîtrise technique, une sensibilité formelle et les influences issues de ses nombreux voyages et recherches. Ses séjours en Amérique latine, particulièrement au Mexique, mais aussi en Italie et en Grèce, nourrissent ainsi ses réflexions sur les formes, les matériaux et les savoir-faire.
Sa pratique artistique demeure toutefois profondément enracinée dans la matière première gaspésienne, qu’elle explore dans une approche intimement liée au territoire. Elle présente ses œuvres dans de nombreuses expositions au Québec, ainsi qu’à Paris, à Mexico et à Sao Paulo. En s’imposant comme sculptrice à une époque où cette discipline était encore considérée comme une affaire d’hommes, elle contribue de plus à ouvrir la voie à une plus grande reconnaissance des femmes dans ce domaine. Par son parcours d’entrepreneure culturelle et d’artiste multidisciplinaire, Suzanne Guité fait ainsi figure de pionnière dans le milieu des arts au Québec.
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