Plus de 100 000 passagers pour la RéGÎM

Par Nelson Sergerie 12:40 PM - 12 juillet 2026 Initiative de journalisme local
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La RéGÎM a accueilli plus de 100 000 passagers pour la première fois de son histoire, l'an dernier. Photo RÉGÎM

Pour la première fois de son histoire, la Régie intermunicipale de transport Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a accueilli plus de 100 000 passagers, mais rien ne garantit que l’achalandage va se maintenir pour l’avenir.

Créée en 2012, la RéGÎM a accueilli 100 708 passagers, en hausse de 8 % sur les données de 2024. « On est très contenst. C’est d’autant plus pertinent dans le contexte actuel. On dirait que c’est une justification de ce qu’on fait. On a atteint nos objectifs, même les dépasser pour 2025. On est très heureux d’avoir franchi ce fameux cap », commente la directrice, Marie-Josée Pichette, à la suite de la publication le 8 juillet du rapport annuel de l’organisme.

Nuages à l’horizon

Mais l’avenir est plus sombre alors que l’organisation connait une coupure de 300 000 $ de soutien de l’État pour son fonctionnement en 2026, ce qui a amené à couper des services.

« Ces réductions de service vont impacter la courbe d’achalandage. On va ralentir la croissance et réduire le kilométrage parcouru, ce qui va rendre encore plus difficile d’atteindre les objectifs de financement pour les prochaines années. On est comme dans un cercle vicieux », évoque la directrice.

Ce fait rend difficile de répéter l’exploit des 100 000 passagers cette année. « On l’espère, mais sincèrement, ce sera difficile avec les déductions appliquées. La coupure de la gratuité pour l’été avait un impact important sur la clientèle jeunesse et avait un impact sur la rentrée. On va difficilement rencontrer nos objectifs cette année. »

La RéGÎM n’est pas en mesure à ce moment-ci d’indiquer la tendance 2026 après une moitié d’année d’opération. « Pour l’instant, on réussit à maintenir la moyenne. »

Sur La Côte-de-Gaspé, une croissance de 49 % de l’achalandage est notée, notamment grâce à la navette Forillon et le transport scolaire. Cette hausse est de 37 % dans Rocher-Percé grâce aux étudiants qui transitent entre Rocher-Percé et La Côte-de-Gaspé.

À l’inverse, le service accuse une baisse de 27 % dans le secteur Grande-Vallée et 25 % aux Îles-de-la-Madeleine.

Un enjeu technologique ralentit la cadence du vélopartage. Photo Jean-Philippe Thibault

Autres services

Le transport adapté connaît pour sa part une stabilité, mais les besoins sont plus élevés que l’offre.

« Malheureusement, les dépenses augmentent considérablement. Les véhicules sont de plus en plus dispendieux et les exigences sur les véhicules, car les fauteuils grossissent. Il y a aussi des demandes plus particulières de la clientèle. On pourrait en faire beaucoup plus, mais on ne peut y répondre », avance Mme Pichette.

L’autopartage a connu 79 241 utilisations, surtout à Carleton-sur-Mer et Chandler. Quant au vélopartage, un enjeu technologique ralentit la cadence.

« On maintient à bout de bras un système avec une compagnie qui a fait faillite. Plus le temps avance, plus on connait des enjeux d’usure après trois étés. Nos vélos sont basés sur du 3G alors que le réseau est maintenant en 5G. Des enjeux techniques font qu’on a moins de vélo. On souhaite trouver un nouveau fournisseur pour prendre la relève », justifie la directrice.

Taxe sur l’immatriculation

Avec la réduction du soutien de Québec et la réduction des revenus provenant de la taxe sur l’essence en raison de l’électrification des transports, la taxe sur l’immatriculation est en voie d’être implantée à compter de janvier 2027. Les MRC d’Avignon, de Bonaventure et de La Côte-de-Gaspé ont déjà donné leur accord.

« Présentement, c’est du côté de la SAAQ pour préparer une entente avec les MRC. La Régie est un acteur qui va gérer le volet administratif. Ça va venir pallier les problématiques financières de l’organisation. Cela permettrait à la régie de survivre », croit la gestionnaire.

Si le projet est accepté tel que proposé, une taxe de 30 $ serait imposée annuellement sur l’immatriculation, ce qui permettrait de générer un revenu estimé à 2 millions de dollars.

La MRC du Rocher-Percé ne sera pas de l’entente, préférant verser 200 000 $ à la Régie, la MRC étant gestionnaire de son propre transport adapté.

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