Un comité de vigilance pour la sécurité des femmes
La Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine a mis sur pied un nouveau comité voué à la sécurité des femmes dans le contexte de la réouverture de la mine de Murdochville. Photo tirée de Facebook - Métaux Osisko
La Table de concertation féministe Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, en collaboration avec la Direction de la santé publique régionale, a mis sur pied un nouveau comité voué à la sécurité des femmes dans le contexte de la réouverture de la mine de Murdochville.
Baptisé Comité Canari, en référence à l’oiseau autrefois utilisé pour détecter l’oxygène dans les mines avant l’arrivée des mineurs, ce regroupement réunit des actrices du milieu communautaire, de la santé, de l’éducation, du développement régional, de l’entrepreneuriat ainsi que des citoyennes de Murdochville.
Mandat de veille et de prévention
Dès sa première rencontre, le comité s’est donné le mandat d’agir comme espace de concertation sur les enjeux de sécurité vécus ou anticipés par les femmes de la région. « Les études ont tendance à montrer que les effets négatifs de ces projets vont avoir tendance à se concentrer plus sur les femmes », explique l’agente de développement de la Table de concertation féministe, Sara Ternoir.
Parmi les risques identifiés : une possible hausse de la violence et du harcèlement dans la communauté ainsi que des inégalités salariales persistantes entre hommes et femmes dans le secteur minier.
Collaboration avec Métaux Osisko
Le comité a déjà entamé un dialogue avec l’entreprise minière. « On a déjà eu une rencontre avec trois personnes de Métaux Osisko qui sont très ouvertes à la mise sur pied de ce projet », rapporte Mme Ternoir. L’objectif immédiat est de produire du matériel de sensibilisation, notamment de l’affichage, destiné aux travailleurs de la mine et aux partenaires de la communauté.
Du côté de l’entreprise, la vice-présidente à l’environnement et au développement durable de Métaux Osisko se dit favorable à l’initiative. « On accueille bien ça, fait savoir Ann Lamontagne. On est super content. On trouve que c’est une belle initiative. » L’entreprise accepte notamment que le comité installe éventuellement de l’affichage sur son site d’exploration et prévoit mettre à contribution la personne responsable de l’accueil des nouveaux travailleurs en matière de santé et sécurité.
Un outil pensé pour être réutilisé
Le projet est financé par l’Entente sectorielle de développement en matière d’égalité entre les femmes et les hommes de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine 2024-2027. Un « coffre à outils » de sensibilisation est en cours d’élaboration et devrait voir le jour au cours de l’été.
Ann Lamontagne se réjouit que cet outil ne se limitera pas au secteur minier. « Ce qui est plaisant, c’est qu’il va s’appliquer à n’importe quelle autre industrie, que ce soit à l’industrie récréotouristique ou à l’industrie de la construction. »
Sara Ternoir rappelle que la réflexion sur la place des femmes dans les grands projets d’exploration n’est pas nouvelle. Pour l’instant, le comité concentre ses efforts sur la création de liens durables avec l’entreprise minière et la Ville de Murdochville, avec l’ambition de mettre en place des mécanismes de protection avant même l’ouverture éventuelle de la mine.
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