L’avenir n’est pas assuré à 100 %
Les Percéides peut compter sur une nouvelle équipe pour tenter de maintenir en vie le festival. Au bout à droite, le président et directeur général par intérim, Benoit S. Pilon. Photo Nelson Sergerie
À la suite de la crise qui a éclaté en janvier et la sortie publique de certaines personnes sur le fonctionnement interne, l’avenir du festival de cinéma les Percéides n’est assuré qu’à 60 % pour le moment.
C’est ce qu’avance le président et directeur général par intérim, Benoit S. Pilon, affirmant que les choses se replacent lentement.
« On a un petit vent de face présentement, mais on reste calme. Nous, on fait les choses dans l’ordre. De toute évidence, il y a du mécontentement. Il y a des gens qui n’ont jamais été dans l’équipe. Il y a des gens qui ont démissionné à la suite de l’annonce d’une enquête interne. Il faut croire que ça déplait, que ça rend des gens nerveux », lance le président qui indique faire ce geste pour la pérennité de l’événement.
« Est-ce qu’on veut vraiment nous aider ? Qu’on respecte l’autorité du CA », ajoute-t-il.
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L’ex-directeur général et artistique des Percéides et également fondateur, François Cormier, a démissionné deux mois après sa suspension cet automne, rapportait Radio-Canada le mois dernier. Une plainte pour harcèlement psychologique auprès de la CNESST serait l’une des raisons de cette suspension, toujours selon la société d’État. Une enquête administrative a aussi été menée à l’automne 2024. Benoit S. Pilon occupe maintenant la présidence et la direction générale.
De son côté, François Cormier a indiqué que cette double fonction était questionnable en matière d’éthique et de gouvernance. Il a tenu à en avertir différents bailleurs de fonds. Sa démission était aussi motivée par le désir de renouvellement du conseil d’administration qui ne comptait plus que trois administrateurs, a-t-il expliqué sur les ondes radio-canadiennes.
Ceci dit, le maire de Percé et le préfet de la MRC du Rocher-Percé, Samuel Parisé, ont donné leur appui aux Percéides dans une lettre et le Bureau du cinéma a également posé le même geste.
Daniel Leboeuf a même annoncé, lors du lancement de la programmation le 8 juillet à Percé (voir page 13) remettre une partie de son salaire, soit 6000 $, à l’organisation.
« Ça nous fait chaud au cœur. En janvier, on se posait des questions. Plus d’équipe, plus de salariés, beaucoup de dossiers. On s’est relevé les manches et les prendre un à la fois et livrer tous les dossiers », poursuit Benoit S. Pilon.
« De sentir que des entreprises privées nous appellent pour refaire des partenariats, ça nous indique qu’il y avait peut-être un petit problème d’harmonie dans les relations interorganismes. »

Situation financière précaire
Sur l’enquête administrative, le président et directeur général ne veut pas utiliser les termes fraude ou malversation financière.
« C’est un mot assez important. C’est sûr qu’on a découvert des irrégularités. On va pouvoir mettre des qualificatifs sur ça assez prochainement. On sera capable d’identifier des choses. Mais à ce stade-ci, je ne veux pas utiliser de qualificatifs. Je ne peux pas nuire à l’enquête », note Benoit S. Pilon, précisant qu’il s’agit d’une enquête interne pour l’instant.
La situation financière, elle, est difficile, même précaire. « On va annoncer bientôt les chiffres. On a une année 2025 déficitaire de façon assez importante. On va devoir probablement emprunter pour passer au travers. On est fragilisés. On a un comptable qui y travaille. On sera transparent. »
À la lumière de la situation, rien n’est acquis pour le festival, même s’il a confiance. « On n’a pas complété le financement. Il y avait beaucoup de retard dans la reddition de comptes. C’est fragilisé. On avance comme si c’était confirmé. La programmation est complétée à 90 %. »
Pressé de préciser si un festival aura lieu ou pas en août, le président reste prudent. « Au moment où vous me posez cette question, je ne peux pas donner une réponse claire. Je peux certainement dire oui avec un taux de probabilité de 60 %. On a confiance dans nos relations avec nos organismes. On a encore d’autres réunions à faire avec eux. On a été fragilisés. Je vais me battre. On va essayer de les rassurer. »
Sur les allégations d’un groupe de quatre personnes qui disait avoir été écarté de décisions importantes liées à l’avenir artistique et stratégique des Percéides ainsi que du Centre d’art communautaire de Percé – groupe qui demandait par ailleurs la mise sous tutelle du Festival international de cinéma et d’art de Percé – Benoit S. Pilon n’exclut pas une poursuite.
« Oui, il pourrait y en avoir, mais je ne pense pas aller là. Mais il y a des choses dites assez sévères en créant un doute sur la crédibilité du conseil d’administration. Il y a deux juristes sur le CA. On ne commencera pas à ne pas respecter les règles », conclut le président, qui indique que toutes les résolutions adoptées sont justifiées.
Enfin, sur le 2 millions de dollars de subventions pour rénover le Centre d’art, le dossier sera repris en main à l’automne, une fois les choses stabilisées.
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