À quoi ressemblera la prochaine campagne électorale?

Par Dominique Fortier 9:20 AM - 6 juillet 2026 Initiative de journalisme local
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L'ex-député, Gaétan Lelièvre. Photo Dominique Fortier

Alors que les Gaspésiens attendent toujours l’arrivée du beau temps, les politiciens s’activent déjà en vue du scrutin provincial qui se tiendra le 5 octobre.

Depuis le départ de François Legault comme premier ministre du Québec, on a l’impression que la campagne électorale est déjà débutée. Les différents partis s’activent déjà pour présenter des candidats, lancer des idées et tenter de séduire l’électorat. On pourrait penser que d’avoir autant de temps est bénéfique pour les chefs de partis, mais la réalité en est tout autre. Petit tour d’horizon avec deux experts de la politique.

L’ex-député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, a défendu les couleurs du Parti québécois de 2012 à 2018. Toujours à l’affût de ce qui se passe en politique, il livre ses impressions à quelques mois du déclenchement des élections. « Quand on regarde les sondages pour l’ensemble du Québec, on a l’impression que tout est possible pour les trois principaux partis. »

Il poursuit en soulignant qu’un certain cynisme est bel et bien présent depuis plusieurs années en politique. « C’est un sport extrême et on ne fait pas ça pour avoir des compliments, car les gens viennent nous voir principalement lorsqu’ils ont un problème. Ça prend des connaissances approfondies de tous les dossiers, spécialement en Gaspésie où les enjeux sont nombreux, que ce soit en santé, en éducation ou en transport. »

Parti libéral

Du côté des libéraux, l’ex-député de Gaspé note que Charles Milliard a quand même réussi à faire remonter sa formation politique dans les sondages. “ C’est une candidature de qualité pour le Parti libéral, mais il doit se positionner davantage, car les gens ne le connaissent pas encore. ” Pour Gaétan Lelièvre, le défi du chef du PLQ est de se faire connaître pour que les électeurs se concentrent davantage sur son discours, et non sur le passé parfois houleux de la formation politique. “ Pour l’instant, il transpose une image d’une ou deux dimensions. Il doit nous montrer sa vraie personnalité et sa vision du Québec. “

Parti québécois

Comme une élection se joue beaucoup sur la performance des chefs, Gaétan Lelièvre y va de son analyse. “ Quand on regarde Paul St-Pierre Plamondon, il y a un proverbe qui dit : trop haut, trop tôt. On pouvait difficilement s’attendre à ce qu’il maintienne une avance aussi élevée, aussi longtemps. C’est certain que les médias et les oppositions vont taper davantage sur le premier de tête. ” Gaétan Lelièvre poursuit son évaluation en affirmant que les gens savent à quoi s’attendre avec le chef actuel du PQ. “ Il a pris le Parti québécois et l’a amené en première position pendant quelques années. C’est tout un exploit en soi. C’est un homme très intelligent qui a une bonne vision pour le Québec, mais il admet lui-même qu’il est un peu soupe au lait. Paul n’est pas du style à se tordre la langue avant de parler alors qu’en politique, il faut parfois le faire. Il a un franc-parler et ça dérange parfois. Mon conseil serait peut-être de calmer son style un peu abrasif. ”

Coalition avenir Québec

Pour ce qui est de Christine Fréchette, Gaétan Lelièvre y voit des gains substantiels. “ Elle a quand même pris une formation politique qui était dans le sous-sol et qui est en train de la faire remonter. C’est une grande surprise. Ceci dit, on ne peut pas dire qu’un chef se distingue particulièrement d’un autre. “

Il croit que Christine Fréchette a su bénéficier de l’effet de nouveauté et la qualifie de femme brillante, mais se questionne à savoir si les électeurs croiront qu’elle est prête à gouverner la province à temps plein pour les quatre prochaines années.

Parti conservateur et Québec solidaire

Quant au Parti conservateur d’Éric Duhaime, Gaétan Lelièvre y voit une possibilité de faire des gains, surtout dans la grande région de Québec. “ C’est embêtant parce qu’il y a quand même cinq formations politiques parmi lesquelles choisir, mais il y a des gens qui adhèrent au discours du Parti conservateur. Ça serait possible qu’il fasse élire quelques députés. “

Quant à Québec Solidaire, il représente, aux yeux de Gaétan Lelièvre, le parti qui joue le plus son avenir. “ On voit un certain plafonnement depuis les dernières élections.

Il y a un noyau dur qui va toujours appuyer le parti qui propose des idées bien spécifiques et novatrices à certains égards. Ça prend une formation politique qui présente ce type de programme. Toutefois, je crois que le parti souffre des départs d’Amir Khadir, Françoise David, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. C’est pourquoi la prochaine élection sera déterminante pour eux. “

Le fameux parti des régions

Une phrase qui revient souvent dans le discours politique est la défense des régions. Or, qui peut prétendre être véritablement le parti de régions ?

“ C’est payant de dire que nous sommes le parti des régions. Malheureusement, c’est devenu populaire de faire du clientélisme, c’est-à-dire d’offrir les discours que les gens veulent entendre ”, exprime Gaétan Lelièvre.

“ Les gens ne sont pas dupes. On voit bien que souvent ces discours sont vides et que les bottines ne suivent pas toujours les babines. Avant de prétendre d’être le parti des régions, il faut d’avoir voir les réalisations de ces partis. “

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