Diane Chrétien est libérée de prison
Diane Chrétien occupait le poste de chef des caissières et de responsable de l'inventaire de l'épicerie Alban Aspirault. Photo Nelson Sergerie
Condamnée en janvier à 20 mois de prison pour une fraude de 200 000 $, Diane Chrétien obtient une libération conditionnelle après avoir purgé le sixième de sa peine. La Commission québécoise des libérations conditionnelles a rendu sa décision le 15 juin.
Le 8 janvier, la femme de 63 ans avait été condamnée à une peine de 608 jours pour deux chefs d’accusation de fraude et vol de plus de 5000 $. Dans la sentence, le tribunal ordonnait aussi de dédommager les victimes pour un montant de 75 000 $.
La Commission note que la fraudeuse, sans antécédant judiciaire et qui en était à une première condamnation, a pris pleinement la responsabilité des gestes qui lui étaient reprochés, estimant avoir détourné pour quelque 200 000 $ entre le 1er janvier 2016 et le 15 juin 2022.
Il avait été prouvé devant le tribunal que la femme avait effectué de nombreuses transactions frauduleuses à l’épicerie où elle travaillait. Lorsqu’un client se présentait à la caisse, elle enregistrait les marchandises, puis annulait immédiatement la transaction afin de détourner l’argent remis. Le stratagème avait finalement été mis en évidence grâce aux enregistrements des caméras de surveillance du commerce.
Elle offrait aussi des rabais à des clients qui ne se qualifiaient pas pour y avoir droit, en plus de voler du temps de travail et avoir pris des articles de l’épicerie sans les payer. Entre le 2 décembre 2021 et le 15 juin 2022, elle avait fraudé plusieurs collègues de travail en détournant des sommes amassées dans une petite caisse pour l’achat de cadeaux de Noël l’année suivante.
Maison de transition
Diane Chrétien avait déclaré avoir utilisé cet argent afin de financer des dépenses personnelles et pour soutenir son fils, confronté à des difficultés financières. Exprimant des remords, les agents des libérations conditionnelles croient toutefois que la femme n’a pas fait preuve de transparence face à la possible présence d’une dépendance au jeu de hasard.
Dans la décision, il est noté que la fraudeuse a par ailleurs redressé sa situation financière depuis son arrestation en juin 2022. Pendant son incarcération, celle-ci a travaillé, participé à divers ateliers et n’a pas fait l’objet d’aucun rapport disciplinaire.
L’intervenante qui a évalué son dossier s’est dite favorable à une remise en liberté au sixième de sa peine avec des programmes et une évaluation en dépendance au jeu compulsif. À sa sortie de prison, elle devra séjourner dans une maison de transition.
Confiance trahie, risque tolérable
Dans l’analyse, la Commission retient négativement la gravité des gestes commis et la période significative dans laquelle ils s’inscrivent. « Par appât du gain, vous avez notamment privé votre employeur d’une somme importante d’argent, et ce, pour satisfaire vos besoins personnels et ceux de votre fils. En agissant sans égard aux conséquences de vos gestes, vous avez trahi la confiance que plusieurs personnes portaient en vous. La défaillance de votre jugement apparaît à l’avant-plan de vos difficultés personnelles ainsi que la résolution de problèmes », lit-on dans le document.
Malgré ces éléments, la Commission conclut que le risque qu’elle représente ne serait pas inacceptable pour la société. « L’actuelle peine d’incarcération en est une première et apparaît avoir opéré chez vous l’effet dissuasif escompté. En outre, la reconnaissance de vos comportements illégaux vous a menée à vous impliquer avec sérieux dans les activités et programmes recommandés. La Commission a été en mesure de noter que votre réflexion a pu se développer. Elle a également noté que vous n’avez pas tenté de minimiser les effets négatifs de vos délits. La Commission estime que l’empathie et les remords exprimés sont apparus sincères. »
Parmi les conditions à respecter pour sa sortie de prison, Diane Chrétien devra subir une évaluation en dépendance aux jeux de hasard et respecter toutes les conditions de libération.
Lors de sa sentence, le tribunal avait ajouté une probation de trois ans pour celle qui occupait le poste de chef des caissières et de responsable de l’inventaire de l’épicerie Alban Aspirault.
Elle devra rembourser à la victime 15 000 $ le 1er juin 2027 et cinq versements de 12 000 $, toujours au 1er juin, et ce jusqu’en 2032. Durant une période de sept ans, la femme a volé de 600 $ à 700 $ par semaine pour aider, selon elle, son fils.
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