La fermeture de Murdochville envisagée
Murdochville comptait 643 habitants selon le dernier recensement. Photo Jean-Philippe Thibault
Après avoir pris la température de l’eau, il y a quelques semaines, en présentant aux citoyens de Murdochville un scénario où une trentaine de résidences pourraient être déplacées afin de relancer la mine de cuivre, Métaux Osisko est allé beaucoup plus loin récemment en évoquant l’idée de complètement fermer la municipalité en relocalisant l’ensemble des infrastructures.
« Ce qui a été présenté, ce sont des scénarios hyper généraux puisqu’on n’a pas encore commencé nos études économiques préliminaires, de préfaisabilité et de faisabilité, ce qui est incontournable, explique Véronique Morency, directrice des relations avec les communautés chez Métaux Osisko. Mais on a cassé la glace avec nos groupes de discussion pour commencer à y réfléchir. »
Le coût d’une fermeture/d’un déménagement serait évidemment énorme. Aucune évaluation financière n’a encore été réalisée – ou à tout le moins présentée publiquement – de la part de l’entreprise. Il est donc trop tôt pour s’avancer sur d’éventuels dédommagements.
« C’est une question qui nous a été posée et qu’on va évaluer en cours de route par rapport aux compensations, dépendamment du scénario qui sera envisagé sérieusement dans les prochaines années », précise Mme Morency.

Cohabitation ou déménagement ?
Chose certaine, le potentiel cuprifère de Murdochville semble énorme, selon les données recueillies jusqu’ici. « On parle d’une opération minière qui minerait 10 fois plus sur une base journalière que l’ancienne Mines Gaspé », expliquait en avril le chef de la direction de Métaux Osisko, Robert Wares.
Avec un tel volume, Murdochville deviendrait pratiquement un acteur mondial important. « Classe mondiale, on parle d’une mine de cuivre qui peut produire 200 000 tonnes par année. L’opération qu’on envisage est de plus de 150 000 tonnes. C’est très considérable. Ce serait la plus grosse mine au Canada », ajoutait alors celui qui a déjà œuvré à l’ancienne mine de Murdochville comme géologue.
La cohabitation entre les citoyens, les commerces, les services et une minière serait-elle donc possible ? « Nos études de forage ont été réalisées sous le mont Copper et près du mont Needle, note Véronique Morency. On n’a pas foré du côté de la ville, mais avec l’ampleur potentielle du projet et avec les ressources qu’on a trouvées à ce jour, c’est certain qu’il faut se poser des questions par rapport à la cohabitation. Est-ce que c’est possible d’exploiter une mine de cette ampleur à côté d’une ville ? Ce sont les questions qu’on se pose. »
Selon la directrice des relations avec les communautés chez Métaux Osisko, les pourparlers ne font que débuter et se continueront dans les prochains mois. « Les gens nous demandent de la prévisibilité avec des questions assez pointues auxquelles on n’avait pas les réponses, mais ils comprennent bien que c’est le début d’une discussion qui devrait durer au moins un an et demi. On n’a pas fini d’aller vers eux », conclut-elle.

Le maire Stéphane Gamache n’était pas disponible au moment d’écrire ces lignes, jeudi et vendredi. Au collègue Martin Toulgoat de Radio-Canada, il a noté avoir été un peu surpris de cette possibilité, mais que le tout était compréhensible dans les circonstances.
« On pouvait se douter que ça viendrait dans les cartes à un moment donné, mais on ne pensait pas que ça arriverait auprès de la population si rapidement que ça. C’est un gros choc quand même pour les citoyens. C’est quelque chose de gros, un déménagement. On peut comprendre que ça brasse des émotions et des préoccupations chez les gens. »
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