Grève au Manoir St-Augustin
Les travailleurs sont en grève du 19 au 24 juin. Photo Jean-Philippe Thibault
La cinquantaine de salariés de la résidence privée pour aînés (RPA) du Manoir St-Augustin ont débuté vendredi une grève qui se terminera le 24 juin à 6 h du matin.
Les employés affiliés à la CSN augmentent ainsi la pression sur le groupe Corev pour une nouvelle convention collective.
« La balle est dans le camp de Corev, explique la porte-parole du secteur des RPA à la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), Marlène Ross. Il est urgent de bonifier nos salaires et nos conditions de travail. Ça n’a pas de sens d’avoir des salaires sous les 20 $ l’heure pour prendre soin des aînés. Les salariés du Manoir St-Augustin démontrent aujourd’hui à quel point ils sont déterminés à améliorer leur sort. »
Rappelons qu’en avril, les employés avaient voté à 95 % en faveur de ce mandat de grève de cinq jours. Selon la partie syndicale, l’employeur offrait à ce moment une majoration de 2,05 $ l’heure, étalée sur cinq ans.
Le syndicat demande plutôt 16,5 % d’augmentation sur quatre ans ou 20 % sur cinq ans. Les travailleurs du Manoir St-Augustin gagnent entre le salaire minimum (16,60 $) et 25 $ de l’heure pour ceux qui ont 11 ans de service. La convention collective est échue depuis le 1er avril 2024 et les négociations se sont amorcées il y a peu plus d’un an.
« Le groupe Corev doit rapidement faire ce qu’il faut pour maintenir de bonnes relations autant avec les salariés qu’avec les résidentes et les résidents, poursuit le président du Conseil central de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CCGIM-CSN), Pierre-Luc Boulay. La meilleure manière de rétablir les ponts, c’est de conclure la négociation. Ce qui est sûr, c’est que les salariés peuvent compter sur notre appui tout au long de leur lutte. »
De nombreuses ententes sont d’ailleurs intervenues dans la négociation coordonnée de la CSN au cours des dernières semaines. C’est maintenant 22 des 30 RPA prenant part à la négociation coordonnée qui ont conclu une entente de principe.
Pour assurer le service à la clientèle, l’entreprise emploie 48 salariés syndiqués occupant les fonctions d’infirmières auxiliaires, de préposés aux bénéficiaires, de cuisinier et d’aide-cuisinier, de préposés à la salle à manger, de plongeurs, de préposés à l’entretien lourd et léger, de préposé aux installations et de réceptionnistes. Le personnel d’encadrement compte sept personnes.
Les services d’assistance personnelle, tels que les soins d’hygiène, l’assistance pour la gestion de la médication, de même que les soins, ont été fournis de manière usuelle et continue.

Le tribunal ordonne l’arrêt des représailles
Dans une communication écrite, le syndicat mentionne que le Tribunal administratif du travail (TAT) a ordonné à Corev et à ses représentants de se conformer à une série de mesures pour que cessent les entraves aux activités du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Manoir St-Augustin – CSN et toute référence aux noms des salariés s’étant prononcés pour ou contre la grève.
« L’employeur cherche clairement à intimider les travailleuses et les travailleurs, explique Pierre-Luc Boulay. Il a monté un dossier où il a noté le nom des salariés qui seraient pour ou contre la grève afin d’intimider certains d’entre eux. Au lieu de chercher à régler la négociation, il a mis en place un climat de peur. »
Le syndicat précise que la juge Lyne Thériault a notamment ordonné la destruction de tout document où sont inscrits les noms des salariés s’étant prononcés en faveur ou en défaveur de la grève lors du vote tenu le 9 juin. Elle demanderait également aux dirigeants de cesser d’utiliser ces informations.
« Voter pour ou contre la grève est un droit, note pour sa part la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs du Manoir St-Augustin-CSN, Sophie Laprise. Si les salariés se sont prononcés majoritairement en faveur, c’est parce qu’ils souhaitent voir améliorer leurs conditions de travail. En 2026, ce n’est pas normal de ne pas gagner 20 $ de l’heure pour prendre soin de nos aînés. L’employeur doit négocier et offrir de bonnes conditions à ses salariés au lieu de leur faire peur. »
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