En mode campagne électorale

Par Jean-Philippe Thibault 8:20 PM - 19 juin 2026
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Méganne Perry Mélançon a lancé sa campagne vendredi. Photo Facebook - Méganne Perry Mélançon

L’investiture n’aura été qu’une formalité. Personne ne s’est présenté contre Méganne Perry Mélançon afin de briguer le poste de candidat pour le Parti québécois dans la circonscription de Gaspé.

Celle qui était jusqu’à tout récemment porte-parole nationale au sein du PQ a donc le champ libre en vue des élections en octobre. Vendredi, l’ex-élue a officiellement lancé sa campagne électorale, en compagnie notamment de son homologue au fédéral, le député bloquiste pour Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj, Alexis Deschênes.

Les forces vives des deux partis œuvreront d’ailleurs de pair afin de ravir la circonscription représentée actuellement par le caquiste Stéphane Sainte-Croix, qui sera de nouveau sur les blocs de départ lui aussi. Méganne Perry Mélançon espère d’ailleurs obtenir une victoire franche et avoir les coudées franches pour un éventuel second mandat.

Tous se rappellent l’étrange scénario de 2018, alors que le libéral Alexandre Boulay avait été nommé gagnant par 132 voix, avant qu’un dépouillement judiciaire n’accorde la victoire 9 jours plus tard à la péquiste en raison d’une erreur de retranscription.

« Je sens vraiment une volonté de changement avec une équipe de bénévoles impressionnante. Les gens sont vraiment très accueillants. Je suis 100 % sur le terrain jusqu’en octobre », explique la principale intéressée.

Quatre priorités

Sans entrer dans tous les détails, la candidate a ciblé quatre grandes priorités pour la circonscription de Gaspé : des familles soutenues à chaque étape de la vie, une économie forte et durable, un meilleur soutien communautaire et des solutions concrètes au coût de la vie, et enfin des transports régionaux à la hauteur des besoins.

Le parti misera notamment sur la décentralisation. « On est beaucoup dans le caucus péquiste à vouloir vraiment entreprendre ce grand projet pour aller chercher du pouvoir à Québec. Ça prend un plan de décentralisation complet, estime-t-elle. C’est dans notre ADN. On le comprend, mais c’est de voir concrètement comment on le fait. On veut en faire un projet porteur. On va consulter le monde et faire confiance en l’expertise locale. »

Les équipes bloquistes et péquistes de la Gaspésie travailleront ensemble lors de la prochaine campagne électorale provinciale. Photo Jean-Philippe Thibault

Autres enjeux

Pas question de rouvrir le dossier des hydrocarbures sous un gouvernement péquiste. Lorsqu’elle était députée, Méganne Perry Mélançon a été la première à s’inscrire en faux pour de tels projets, alors que plusieurs d’entre eux poussaient dans sa propre circonscription.

« C’est une porte fermée complètement, assure-t-elle. Il y a eu une information qui a peut-être mal été véhiculée, mais non, ce n’est vraiment pas nos intentions. Je vais m’en assurer, peu importe le gouvernement en poste. Mon idée n’a pas changé. »

Quant au sempiternel chemin de fer jusqu’à Gaspé, elle souhaite toujours son parachèvement, même si elle ne peut en faire une promesse en ce moment. « C’était dans nos engagements des deux dernières élections, mais on ne connaît pas l’état du PQI [le Plan québécois des infrastructures] tant qu’on n’est pas au gouvernement. Je veux pouvoir aller chercher un engagement clair. C’est ce qu’on souhaite et j’aurai la réponse en temps et lieu. C’est la faute au gouvernement si on est encore à devoir s’engager et se réengager. Plus ça tarde, plus les sommes sont importantes. Je pense sincèrement que la population veut que ça se règle. »

La candidate a également hâte de parler d’indépendance, à voter dans les quatre premières années d’un éventuel gouvernement majoritaire. « C’est réfléchi et le Livre bleu présente nos arguments pour ceux qui ne sont pas convaincus. Il va y avoir des discussions d’ici l’automne. Surtout ceux qui sont régionalistes dans l’âme devraient s’intéresser à l’indépendance. »

Le PQ voudra aussi s’attaquer à la révision de la carte électorale qui a été sauvée in extremis avec le projet de loi 3, épargnant la fusion des circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure. Si la loi prévoit déjà qu’un comité d’experts indépendants verra aux futurs critères de la carte électorale et qu’un rapport sera remis en 2028, des changements législatifs devront être effectués par le parti en place pour officialiser les recommandations.

« Tout le monde risque un peu d’être une cible avec les critères actuels. C’est certain que le PQ va faire le nécessaire pour protéger les régions ; qu’on va y faire suite », conclut Méganne Perry Mélançon.

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