Ce qui n’était au départ qu’une folle idée lancée autour d’une coupe de rosé a rapidement pris une trajectoire plus concrète.
Il faut savoir que Sophie Bourdages et Karine Gaul – entrepreneures et amies, notamment – n’ont pas l’habitude de se traîner les bottes lorsqu’elles ont un projet en tête. D’un simple souhait, presque un vœu pieux, toute une équipe s’est petit à petit greffé autour d’elles pour, dans un premier temps, former un conseil d’administration en bonne et due forme et, mercredi, présenter le fruit du travail entamé depuis les premières discussions en 2023.
Le résultat est une maison de soins palliatifs qui aurait six chambres, dont le coût d’implantation est évalué à environ 5 millions de dollars.
« Le gouvernement ne construit pas de maisons de soins palliatifs, explique d’emblée Karine Gaul, présidente du conseil d’administration. Ça prend des initiatives citoyennes et il n’y a aucun fonds de leur part tant qu’on n’est pas ouvert et fonctionnel. On doit également avoir un an de budget de fonds de roulement en banque avant d’ouvrir, d’où le montant de 5 millions. »
La Gaspésie est orpheline de maison de soins palliatifs depuis la fermeture en 2014 du Radeau de Pabos-Mills. Bien qu’un autre projet soit en voie de se réaliser dans la Baie-des-Chaleurs, la région est la seule avec la Côte-Nord à ne toujours pas avoir pareil établissement. La population de la Gaspésie est par ailleurs la plus âgée de la province, alors que 30,4 % d’entre elle a plus de 65 ans.

Encore à définir
Pour le moment, aucun lieu n’a encore été choisi pour implanter la Maison de soins palliatifs de La Côte-de-Gaspé. Chose certaine, l’établissement devrait se situer non loin du centre de Gaspé pour avoir un meilleur accès à des professionnels de la santé. La Ville songe présentement à céder un lopin de terre.
« On est en discussion pour une cession éventuelle d’un bout de terrain […] pour que la maison n’ait pas à acheter une propriété pour s’installer. Ça serait une contribution partenariale que la Ville serait prête à faire, sous réserve qu’on trouve la place. On appuie le projet. C’est une volonté unanime de notre conseil municipal », note le maire Daniel Côté. En comparaison, la Maison de soins palliatifs de la Baie-des-Chaleurs a prévu 150 000 $ pour l’acquisition d’un terrain.
Ceci dit, une fois la maison construite et fonctionnelle, le budget de fonctionnement va être en partie couvert par Santé Québec. Présentement, le gouvernement fournit près de 115 000 $ par lit de soins palliatifs, soit environ la moitié des frais totaux.
Des ressources permanentes pourront alors se greffer, comme une direction générale, du personnel soignant et des intervenants sociaux. Les médecins impliqués seront rémunérés par la RAMQ.
Les plans de la maison de soins palliatifs ne sont quant à eux pas définis. La page est toujours blanche. Jardin, salle de musique, salle d’accueil pour les familles, luminothérapie, bain thérapeutique, musicothérapie, massages, zoothérapie : tout est à dessiner.
« Il n’y a pas vraiment de choses qui ne peuvent être faites. On veut que ce soit comme à la maison », explique Karine Gaul, dont le père a lui-même utilisé les services d’une maison de soins palliatifs durant les 8 jours qui ont précédé son décès.
« Ce qui m’a frappé, c’est que l’intervenante qui nous a accueillis a mis la main sur mon père en disant qu’à partir de maintenant, ce n’était que de la douceur. Et c’est exactement ce qui s’est passé dans les dernières journées de sa vie. À partir de ce moment, je me suis dit que tout le monde devrait avoir accès à ça. C’est là que le feu a pris ! »
Au moment d’écrire ces lignes, déjà plus de 26 000 $ avaient été amassés grâce à 160 dons. Le conseil d’administration espère que la maison de soins palliatifs soit sur pied dans cinq ans seulement.
« On est très ambitieux. C’est un peu fou, mais c’est ça qu’on vise », lance confiante Karine Gaul. La prochaine étape est ainsi de lancer une vaste campagne de financement.
« C’est un premier pas, ajoute la trésorière Sophie Bourdages. On s’enligne pour manger un éléphant, mais ça se fait une bouchée à la fois. On va avoir besoin de toute la communauté. On veut vos initiatives. »
Horizon
Horizon, des contenus marketing présentés par et pour nos annonceurs.