Le conseil de Gaspé souhaite que Québec ait plus de considération pour la population anglophone de la Gaspésie, qui vit un déclin progressif alors que le projet de loi 8 – mort au feuilleton – prévoyait appliquer la Charte de la langue française à la formation professionnelle et aux adultes à ceux qui n’avaient pas « un droit acquis ».
Le conseil a tout de même adopté une résolution d’appui à la communauté anglophone. Le projet de loi ne permettrait plus aux francophones n’ayant pas fait leur formation primaire et secondaire en anglais de le faire aux étapes supérieures.
En Gaspésie, CASA et Vision Gaspe Perce Now avaient uni leur voix à d’autres organismes du Québec pour dénoncer la décision du gouvernement caquiste. Le maire, Daniel Côté, rappelle que le français gagne du terrain en Gaspésie alors que la communauté anglophone est appelée à disparaître.
« Peut-être qu’ils ont besoin de tirer à coups de mitraillettes sur l’île de Montréal pour préserver le français, mais ici, ce n’est pas la question. Ici, c’est la communauté anglophone qui disparaît », constate l’élu.
Rejoignant les propos des organismes de la région, le maire avance que les impacts seraient importants alors que la région manque de main-d’œuvre. « Si on jumelle les deux langues ensemble, ça nous donne une masse critique pour offrir la formation. Est-ce qu’on a ce luxe de perdre ces formations ? Est-ce qu’on a le luxe de perdre des travailleurs dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre ? La réponse est non », lance sans détour Daniel Côté.
Une autre formation qui ne passe pas
Daniel Côté critique sans détour en ridiculisant la décision de Québec de forcer les cols bleus à suivre une formation de 1000 heures pour abattre et élaguer des arbres.
Lors de la plus récente séance de conseil municipal, il a réagi avec sarcasme à cette directive par des fonctionnaires de la capitale alors que les cols bleus sont habitués à manœuvre une scie mécanique.
« Ça ne prend pas 1000 heures de formation pour savoir comment démarrer une tronçonneuse, couper une branche et arrêter la tronçonneuse. Si ça prend 1000 heures à quelqu’un, quelque part à Québec, ils ne sont pas vite vite. Je pense que ce sont des gens peut-être pas vite vite qui ont inventé une règle en pensant que tout le monde n’était pas vite vite. J’invite les gens pas vite vite à enlever les règles pour les pas vite vite et à faire confiance aux gens. »
Selon lui, à Gaspé, au moins 80 % des cols bleus savent manier une scie mécanique. Le milieu municipal s’unit pour dénoncer cette situation qui n’a aucun sens pour eux.
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