Bilan annuel de la DPJ

Plus de signalements, mais moins d’interventions directes

Par Nelson Sergerie 7:05 PM - 11 juin 2026 Initiative de journalisme local
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La directrice de la protection de la jeunesse Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Michelle Frenette. Photo Nelson Sergerie

Même si le nombre de signalements est en hausse en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, les signalements retenus sont en diminution par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Ainsi, 1874 signalements ont été reçus dans la dernière année, en hausse de 30 en un an. Le nombre de signalements retenus a quant à lui chuté à 447, contre 520 l’an dernier.

« On a une diminution de 14 % sur l’an dernier sur une évaluation approfondie à la suite d’un signalement. Ce que ça veut dire, c’est que plusieurs sont inquiets et signalent et c’est nécessaire. On est présent. Notre travail au signalement est de voir que peut-on offrir avant que la DPJ intervienne », explique la directrice régionale de l’organisation, Michelle Frenette.

L’objectif reste de trouver des alternatives. « La Loi sur la protection de la jeunesse est une loi d’exception. C’est une loi intrusive. Le but est de mobiliser les parents, les jeunes et les ressources pour éviter que la DPJ doive intervenir. »

On constate une diminution marquée dans les MRC de la Haute-Gaspésie et du Rocher-Percé. On dénote 63 signalements retenus en Haute-Gaspésie, en baisse sur les 102 de l’an dernier. Même chose dans Rocher-Percé alors que les signalements retenus sont passés de 104 à 55.

« Il y a une belle mobilisation des différentes ressources. On garde toujours l’intérêt de l’enfant en premier. On est là pour guider et soutenir et probablement faire une première intervention pour ensuite mobiliser les gens autour. Ce sont deux MRC qui se mobilisent beaucoup », évoque la directrice.

Le travail effectué depuis plusieurs années dans les communautés de Listuguj et Gesgapegiag donne aussi des résultats. « Lorsqu’on reçoit un signalement au niveau des communautés, on les contacte directement. Ils prennent avec nous des décisions de rétention ou non, selon les services qu’ils peuvent offrir. La recherche d’autonomie avec les communautés est très grande. Ils sont très collaborateurs avec nous », évoque Michelle Frenette.

Le nombre de signalements à la DPJ dans la région par MRC et communautés. Source CISSS de la Gaspésie

Les causes restent les mêmes

Les facteurs de signalement ne changent pas. Dans quelque 60 % des cas, la négligence, les mauvais traitements psychologiques, les risques sérieux de négligence et l’exposition à la violence conjugale dominent les problématiques.

« On ressemble au reste du Québec. Tout ce qui est négligence et risque de négligence, ce sont des choses qu’on veut travailler. On est dans une province assez développée. On ne devrait pas voir des enfants être dans la négligence. C’est quelque chose qu’on doit cibler avec nos partenaires et nos familles pour éviter une intervention dans ce type de problématique. »

Le milieu familial reste le milieu de vie de prédilection. « Les balises cliniques sont orientées vers le maintien dans le milieu familial. Retirer un enfant peut avoir un impact énorme. Lorsqu’on peut garder les enfants près de leur milieu, c’est gagnant pour eux pour éviter la cassure dans l’environnement de ces enfants », explique Michelle Frenette.

Les délais d’intervention s’améliorent aussi en évaluation et orientation. Il y a moins de 10 enfants en attente, en amélioration par rapport à il y a deux ans où on en comptait 20.

« Lorsqu’il y a une attente, on fait toujours une vigie. Mais sur notre territoire, on respecte les délais. On a environ une trentaine d’enfants à l’application des mesures en attente, surtout à Gaspé et aux Îles-de-la-Madeleine. »

Dans la dernière année, 114 adolescents ont contrevenu à différentes infractions en lien avec la Loi sur les jeunes contrevenants, une donnée stable sur l’an dernier.

« Majoritairement, ce sont des garçons. On a une certaine stabilité. On ressemble à l’ensemble du Québec : des voies de fait, le non-respect d’ordonnance ou ne pas respecter leur probation, les vols et les menaces. On n’est pas différent du reste du Québec », mentionne Mme Frenette.

La main-d’œuvre se porte mieux

Le recrutement a permis de mieux garnir les équipes au cours des dernières années. « De façon générale, les équipes sont presque complètes. On a fait des embauches récemment. On a des gens compétents. On a des chefs de service et du support clinique compétents. C’est une très belle mission, difficile parfois, mais oui, nos équipes sont dévouées et passionnées », conclut la directrice.

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