Une trentaine de maisons déplacées ?

Par Jean-Philippe Thibault 9:35 AM - 5 juin 2026
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Des résidences à l'angle de la 7e rue et de l'avenue du Curé-Allard, au pied de résidus miniers. Photo Jean-Philippe Thibault

Métaux Osisko a présenté le 28 mai à la population de Murdochville un scénario d’exploitation du cuivre où une trentaine de résidences au nord-ouest de la municipalité pourraient devoir être relocalisées.

Certaines maisons sur les avenues Curé-Allard et Gabriel-Bernard seraient situées près de l’éventuelle mine à ciel ouvert, qui regorge de ressources et dont l’estimation ne cesse de croître au fil de nouveaux forages exploratoires.

Il est cependant encore trop tôt pour savoir si cette option sera réellement considérée. « Il faut être prudent. C’est un tracé préliminaire, en fonction de l’évaluation de la ressource jusqu’à présent », note d’emblée le maire Stéphane Gamache, intercepté quelques minutes seulement après son retour de Malartic où il était pour une mission d’observation et de collecte d’informations prévue depuis quelques mois. La ville de l’Abitibi-Témiscamingue accueille littéralement une mine d’or, qui est gérée par la société Agnico-Eagle. À l’époque, pour y relancer les activités aurifères, entre 2008 et 2010, environ 200  résidences ont été déplacées.

« On ne déménagera pas de maison dans les prochaines années, ou même pas du tout si la fosse est plus petite ou faite différemment, précise le premier magistrat. La plupart [des citoyens] voient ça d’un bon œil, mais certains sont préoccupés et c’est normal. C’est parfaitement humain et il faut recevoir ces commentaires et les entendre. Toutes les préoccupations sont légitimes. »

Les habitants de Murdochville seront d’ailleurs consultés dans les prochains mois ou la prochaine année. « On veut aller chercher le pouls de la population directement, pas juste en passant par Osisko », assure Stéphane Gamache.

Robert Wares, chef de la direction chez Métaux Osisko Photo Jean-Philippe Thibault

Loin de la coupe aux lèvres

En entrevue à Radio-Canada, le chef de la direction chez Métaux Osisko, Robert Wares, a indiqué que le scénario présenté le 28 mai se voulait une manière de mesurer la température de l’eau et de mieux connaître les intentions citoyennes face à ce vaste projet de relance du cuivre, dont les investissements sont maintenant chiffrés à 3 milliards de dollars.

« Ce n’est vraiment pas pour demain [la relocalisation de résidences] ; ça pourrait être dans 10, 15 ans. Si les gens ne veulent rien savoir d’un déménagement, on ne peut certainement pas les forcer à déménager. Donc, il faudra envisager simplement de repousser les limites de la fosse. »

Il faudra tout de même commencer à y penser un jour ou l’autre. Aux dernières nouvelles, si jamais le feu vert était donné au projet – ce qui n’est toujours pas le cas – une relance de l’exploitation du cuivre se ferait vers 2032. La mine de Murdochville deviendrait la plus grosse au Canada avec la production de 150 000 tonnes de cuivre par année.

« Ce qui est clair, c’est que le gisement est gros. Très gros. Et près de la ville, conclut Stéphane Gamache. On devra avoir des discussions avec les citoyens et la minière dans les prochains mois pour savoir où on s’en va. Oui ça pourrait engendrer des déménagements, avec aussi une zone tampon à définir. Ça va dépendre des scénarios et du projet final. »

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