Une nouvelle aire protégée à Percé

Par Jean-Philippe Thibault 10:40 AM - 4 juin 2026
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L'aire protégée comprend notamment des falaises de 80 mètres de hauteur. Photo Jean-Philippe Thibault

Un site de près de 170 hectares est dorénavant protégé à Percé en vertu d’une acquisition faite par Conservation de la nature Canada.

Cette vaste parcelle de terrain comprend notamment des falaises côtières atteignant jusqu’à 80 mètres de hauteur et s’étendant sur près de 700 mètres le long du littoral. Elle peut notamment être accessible par les sentiers de randonnée du Géoparc, qui aura la responsabilité de les entretenir et de les surveiller.

L’aire protégée des monts Blanc et Saint-Anne – de son nom officiel – abrite plusieurs espèces en situation précaire, dont la grive de Bicknell et l’hirondelle de rivage, deux oiseaux menacés au Canada, ainsi que des plantes et mousses adaptées à des conditions très spécifiques comme la vergerette à feuilles segmentées.

« Il y a une grande diversité de milieux naturels sur la propriété. C’est ce qui fait son cachet et son attrait particuliers », résume le chargé de projet à Conservation de la nature Canada, Olivier Perrotte Caron.

Il s’agit d’ailleurs du premier territoire protégé aux monts Blanc et Sainte-Anne, mais pas le premier de l’organisation dans la région, qui possède plus de 2700 hectares en Gaspésie (six fois la superficie de l’île Bonaventure), dont plus de 800 hectares à Percé seulement, comme le barachois de Malbaie et sa rivière, ou encore la pointe Sainte-Pierre.

Olivier Perrotte Caron Photo Jean-Philippe Thibault

Depuis longtemps espéré

Ce nouveau terrain de jeu était d’ailleurs un paysage très cher au botaniste Pierre Dansereau. Le père de l’écologie moderne, décédé en 2011, passait ses étés en Gaspésie. « Il y a quelques années, il nous avait pointé le massif pour nous suggérer gentiment de le regarder comme une priorité de conservation en Gaspésie. C’est une manière d’honorer très humblement son travail », ajoute Olivier Perrotte Caron.

Le milieu, qui a également était documenté par le frère Marie Victorin, compte de vieilles forêts peu perturbées et riches en carbone qui contribuent à séquestrer les gaz à effet de serre, ainsi qu’une végétation rappelant celle du Nord du Québec. Cette grande diversité d’habitats s’explique par un dénivelé important, allant du niveau de la mer jusqu’à plus de 300 mètres d’altitude au sommet du mont Blanc.

L’acquisition a été officiellement notariée en décembre, auprès d’une propriétaire qui préfère conserver l’anonymat et suite à des discussions entamées il y a cinq ans. Le coût de l’achat est estimé à 1,5 million de dollars, ce qui comprend la mise en place d’un fonds de gestion qui permet de mener à perpétuité les démarches de l’organisation.

Le partenariat avec le Géoparc permettra aussi d’améliorer ses objectifs en lien avec son accréditation de l’UNESCO. « C’est évidemment une bonne nouvelle. Ç’a été démontré que ça augmente la durée des séjours des visiteurs et ça approfondit son expérience », se réjouit pour sa part le maire de Percé, Daniel Leboeuf, présent lors de l’inauguration du site, ce 2 juin.

« Savoir que nos sentiers seront à perpétuité entre les mains de quelqu’un qui ne va pas se retourner pour les vendre, on est très chanceux, commente pour sa part le directeur général du Géoparc, Guillaume Fleury. Ça assure que le paysage va rester magnifique pour toujours. La plus-value est maintenant et dans 100 ans », conclut-il

La nouvelle aire protégée occupe plus de 170 hectares de superficie. Photo Conservation de la nature Canada

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