Depuis longtemps réputée pour la transformation de la crevette nordique, Les Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard a récemment ajouté une corde à son arc, alors qu’elle peut dorénavant travailler le homard, gracieuseté d’un investissement de 1,5 million de dollars.
« On a fait de petits tests en 2025 pour faire des essais avec les équipements qu’on a et un peu entraîner les employés et oui, c’est faisable », expliquait Bill Sheehan un peu plus tôt cette année au Pharillon, lui qui a racheté les installations en décembre 2023 avec son frère George. « On va faire l’extraction de la chair ici. C’est ça qui demande le plus de main-d’œuvre. Le démembrage va se faire à Sainte-Thérèse », précise celui qui est également propriétaire de E.Gagnon et fils.
Et puisque la transformation de homard demande davantage de main-d’œuvre que la crevette, davantage de travailleurs étrangers temporaires seront embauchés. Ils étaient une dizaine l’an dernier. Ils seront 40 de plus cette année. La nouvelle ligne de transformation a été construite dans un local quasi inutilisé qui servait jadis d’entrepôt.
« À part les équipements de congélation pour congeler sous vide les crevettes, il n’y a rien de pareil. C’est tout ce qu’on peut récupérer dans la chaîne de crevette », mentionne l’homme d’affaires.
Formule hybride
Marinard continuera en parallèle à transformer de la crevette, mais les quotas ont drastiquement diminué depuis quelques années. Le total est de 5419 tonnes dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent pour 2026, en hausse de 42% en un an. Il y a environ 20 ans, vers 2004-2005, les quotas étaient à un sommet historique avec près de 35 000 tonnes. À l’opposé, le homard est devenu le fer de lance chez les pêcheurs et enregistre des débarquements records, devant le crabe et la crevette. De nouveaux permis exploratoires augmentent également leur quantité sur les marchés.
L’entreprise a bien essayé une production avec des crevettes importées de Norvège, mais l’expérience n’a pas été concluante. « La pêche était moins bonne et ce n’était juste pas rentable de faire ça. Il fallait trouver de quoi et présentement il y a du homard qui rentre en masse dans les quais à Rivière-au-Renard et ailleurs en Gaspésie », note Bill Sheehan.
L’usine renardoise emploie environ 125 personnes en incluant la poissonnerie, le laboratoire et tout le personnel de bureau. Un peu plus de la moitié est affectée à la production. La formule actuelle devrait permettre à tous de travailler minimalement pendant tout le printemps.
« Cette ligne-là de crevette reste intacte, précise le propriétaire. En fait, on va pouvoir faire les deux en même temps. Avec la crevette, on est toujours un peu entre les deux. Est-ce que ça va revenir ou disparaître? On ne veut pas défaire une ligne de production pour la refaire ensuite avec les volumes qui sont bas, mais qui augmentent chaque année. C’est pour ça qu’on a une manière de système hybride pour l’instant. »
Marinard demeure l’une des deux seules usines à transformer la crevette nordique au Québec. L’autre est La Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon.
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