Boulevard de Gaspé ou de Gespeg ?
Patrimoine Gaspésie revient à la charge et suggère maintenant de renommer le boulevard de Gaspé en boulevard de Gespeg. Photo Jean-Philippe Thibault
Après avoir reçu un accueil plus que mitigé pour nommer la nouvelle route reliant le parc industriel des Augustines aux installations portuaires de Sandy Beach en chemin Bernard-Landry plutôt qu’en chemin Awtiget, Patrimoine Gaspésie revient à la charge et suggère maintenant de renommer le boulevard de Gaspé en boulevard de Gespeg.
La demande de l’organisme est faite « dans le but d’attribuer une plus juste place aux Autochtones dans la toponymie de Gaspé qu’une route industrielle », écrit le président Jean-Marie Fallu dans une lettre transmise au maire Daniel Côté. La suggestion a été faite par Serge Dunn.
« Dans sa toponymie, Gaspé reconnait les peuples européens fondateurs de Gaspé. La présence française s’y trouve avec la rue Jacques-Cartier et la présence britannique avec la rue de la Reine », justifie l’organisation dans sa correspondance.
« Comme le boulevard de Gaspé est l’artère principale qui mène au cœur du centre-ville de Gaspé, Patrimoine Gaspésie retient l’idée de M. Dunn de le renommer boulevard de Gespeg. En agissant ainsi et à la suite d’une consultation publique, la Ville de Gaspé accorderait une place majeure aux Premières Nations au même titre que celle déjà attribuée aux francophones et aux anglophones. Cette consultation publique pourra aussi se pencher sur la désignation à prévoir pour la route dont l’usage est lié à l’industrie éolienne. »

L’idée sera soumise
Appelé à commenter le contenu de la lettre, le maire Daniel Côté ne ferme pas la porte, mais le tout sera soumis au comité de toponymie. L’élu montre toutefois quelques réserves. « Je me questionne sur la réception de cette proposition par les nombreux résidents et la quarantaine d’entreprises et institutions ayant pignon sur rue sur ce boulevard, qui devraient subir un changement d’adresse, papier entête, cartes d’affaires, affichage, fournisseurs. Il faudrait une acceptabilité sociale. »
La suggestion suscite des avis très partagés sur les réseaux sociaux. Advenant que la décision ne soit pas retenue, Le Pharillon a suggéré de renommer ainsi la montée de Corte-Real où se trouve le siège administratif de la Nation micmac de Gespeg.
« Même principe pour les centaines de résidents de la montée de Corte-Real. L’objectif est louable, mais changer le nom d’une rue existante pose des enjeux concrets substantiels qui doivent être analysés en profondeur », mentionne l’élu.
À la suite de la décision du conseil municipal de nommer le chemin Awtiget, Jean-Marie Fallu s’était montré critique envers ce choix et indiquait que « cette dénomination toponymique est davantage une décision politique qu’une analyse basée sur une réalité historique. »
Son futur nom en mi’gmaq signifie « ouvrir un chemin » ou « dégager un passage ». Le maire indiquait à la séance du conseil municipal du 19 mai qu’il s’agissait d’une des façons de collaborer avec la Première Nation de Gespeg en adoptant cette toponymie.
Gaspé a déjà deux rues en hommage à des Autochtones. La rue Domagaya est nommée en hommage à un jeune prince et interprète iroquoien du village de Stadaconé, maintenant la Ville de Québec au XVIe siècle, et la rue Jean-Chou, en l’honneur d’un chef autochtone de la région de Gaspé et un allié de Samuel de Champlain au début du XVIIe siècle.

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