La députée conservatrice de Rimouski est passée de la parole aux actes en déposant le 27 mai le projet de loi n° 791 visant à protéger de manière permanente les circonscriptions de Gaspé et de Bonaventure.
Le contenu du projet de loi reste le même qu’évoqué en mai : reconnaître ces deux comtés comme des circonscriptions d’exception, au même titre que les Îles-de-la-Madeleine, tout en maintenant les délimitations actuelles de Rimouski et de Matane-Matapédia-Mitis.
« Nos régions ne doivent pas perdre leur voix simplement parce que notre réalité démographique diffère des grands centres, a indiqué Maité Blanchette Vézina après le dépôt du projet de loi. Notre système électoral doit tenir compte de l’immensité de notre territoire et de l’importance de la proximité avec les citoyens. C’est pourquoi je propose de porter le nombre de circonscriptions à 126 au Québec et de créer un comité d’étude sur la représentation électorale. »
« C’est un enjeu fondamental d’équité», ajoute-t-elle. Affaiblir le poids politique des régions ne ferait qu’éloigner les décisions des réalités vécues sur le terrain. Ce débat touche directement à la place que nous voulons donner à nos régions dans l’avenir du Québec.
Le temps presse
La députée croit toujours qu’avec une session qui se terminera le 12 juin, son projet de loi pourrait être adopté. Questionnée sur le fait que le gouvernement caquiste avait – avec la complicité des libéraux, des péquistes et des solidaires – déposé le projet de loi 3 visant essentiellement les mêmes objectifs, l’élue répète ce qu’elle a déjà dit.
« Ça peut aller très vite s’il y a de la volonté de la part des partis politiques à réellement protéger la Gaspésie, ce que je doute sincèrement, parce que ce qui est proposé par la CAQ et soutenu par l’ensemble des parlementaires, c’est surtout une protection de leurs intérêts à Montréal. C’est beaucoup plus ça qui se retrouve dans leur projet de loi. »
Elle rappelle aussi que son projet de loi se colle sur ce que la Cour suprême a dit comme étant les pouvoirs que l’Assemblée nationale peut exercer. Pour elle, les circonscriptions de la Gaspésie restent à risque même si le projet de loi 3 est adopté, car il n’y a pas de statut d’exception à long terme.
Si les parlementaires ne réussissent pas à faire adopter l’un ou l’autre des projets de loi sur la table, la circonscription de Bonaventure va disparaitre pour fusionner avec celle de Gaspé pour devenir Gaspé-Bonaventure à l’élection d’octobre.
La MRC de la Haute-Gaspésie sera elle rattachée à Matane-Matapédia-Mitis, à moins que la première ministre ne déclenche des élections avant le 15 juillet, date officielle d’entrée en vigueur de la nouvelle carte.
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